24 août 2015

Tu me verras de DOS...




Alors Moïse dit : Fais-moi voir ta gloire, je t'en prie ! Il répondit : Je ferai passer devant toi toute ma bonté et je proclamerai devant toi le nom du SEIGNEUR (YHWH) ; je ferai grâce à qui je ferai grâce, et j'aurai compassion de qui j'aurai compassion. Il ajouta : Tu ne pourras pas voir ma face, car l'être humain ne peut me voir et vivre. Le SEIGNEUR dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que je sois passé. Puis je retirerai ma main, et tu me verras de dos ; mais ma face ne pourra pas être vue. Ex  33/18 à 23

Grâce et paix sur chacune et chacun de vous au nom de notre Seigneur Jésus-Christ !

L’or et le diamant sont des métaux précieux, recherchés, parce que rares et échangeables contre des biens fabuleux. Mais notre Seigneur est plus que précieux pour nous, parce qu’Il est unique et parce qu’Il n’a pas d’équivalent d’échange. C’est pourquoi Il mérite aussi qu’on Lui donne la plus unique des offrandes : lorsque Lucifer le tenta en Matthieu 4 : 9, il Lui demanda, en échange de tous les royaumes de la terre, l’adoration. La valeur et la préciosité de l’adoration nous sont ainsi, d’une certaine façon, révélées par rapport à ce que le diable était prêt à payer cash en équivalent. C’est-à-dire le monde entier. Avec toute sa gloire…

Abraham nous a déjà ouvert l’esprit en Genèse 22 :1-12, en nous montrant que cette adoration si chère à Dieu et si convoitée par l’ennemi, trouve précisément son acmé, son sens le plus élevé, dans l’obéissance rendue parfaite par « le couteau du sacrifice », qui immole notre désir et notre volonté propres sur « le feu de l’autel » du désir de Dieu. C’est cette adoration, cette vie d’adoration, tant recherchée par le  Père (Jean 4 : 23), que nous sommes encouragés à Lui offrir, parce qu’elle n’a d’autre équivalent d’échange que la GRACE, qui sera au cœur de ce partage.

De tous les personnages de la Bible, l’histoire de Moïse, depuis sa naissance « sur les eaux » (Ex 2 : 3), jusqu’à son enlèvement « au sommet du mont Pisga » (Deut 34 : 1-5), reste une mine intarissable d’enseignements. Mais l’épisode d’Exode 33 : 18-23 nous paraît de loin la plus fascinante : Moïse y est en effet présenté comme le seul être humain, qui a vu sa prière, celle  de…voir Dieu, être exaucée (de dos). Quelle grâce ! Quel mystère !

Avant tout, il nous faut faire ici une halte pour méditer sur cette audacieuse prière de notre patriarche : « Fais-moi voir ta gloire ! »  Car jusqu’à cette requête inouïe, Moïse avait déjà un « CV ministériel » bien fourni : il avait vu Pharaon et son armée périr dans la mer par son bâton, il avait vu de l’eau sortir du rocher par la même autorité, il avait encore vu des cailles et la manne nourrir à satiété Israël dans le désert... Mais le désir de « voir la gloire de Dieu » était un niveau bien supérieur à ce passé miraculeux qu’il avait connu. Plus que les manifestations de Dieu, Moïse voulait à présent connaître Dieu manifesté. Son désir de connaître le créateur, de pousser encore plus loin son intimité avec Lui, était à la hauteur de son désir de Le servir. Moïse nous montre ici d’une part que notre relation avec Dieu doit être motivée par une soif toujours croissante de Le connaître. 
Paul a dit : « Je regarde toutes choses anciennes comme de la boue à cause de l’excellence de la connaissance de Christ » (  Phil 3 :8), ce Christ excellent qui a déclaré Simon "heureux",  parce qu’il avait eu la révélation de Le connaître,  non pas par la connaissance de la foule qui le confondait avec  Elie ou Jean-Baptiste, mais par la connaissance de  l’Esprit (Mat 16 : 17). Oui Dieu est notre suprême trésor, Il est notre héritage, c’est pourquoi aussi en Lui doit se trouver notre cœur. Tout notre cœur. Car là où est notre trésor là aussi sera notre cœur (Mat 6 : 21).

Moïse nous montre d’autre part que la marche avec Dieu, la vie chrétienne, nécessite aussi des expériences, des « vis-à-vis » avec Dieu. Ainsi dans Exode 3 : 1-6, il a d’abord expérimenté Dieu à travers un buisson ardent. Il y a ici deux vérités, adossées aux deux natures de Dieu qui méritent d’être soulignées.  
Premièrement le feu, qui de par sa nature même est une force qui anéantit toute réalité sur son passage. Mais le feu divin est encore plus redoutable : il consume même son contraire, ce qui peut l’éteindre, c’est-à-dire l’eau ! (1 Rois 18 : 38 ). Ce feu ardent qui brûlait ainsi au milieu du buisson était la manifestation de la force suprême et souveraine de Dieu,  devant laquelle rien ne Lui résiste, et qui anéantit ses contraires, ses ennemis. Il se révélait par cette énigme à Moïse comme El-Elohé, comme Elohim, comme Adonaï.

Deuxièmement, le buisson, de par sa nature même est un combustible spontanément flammable au contact du feu. Mais le buisson de Exode 3, bien qu’il soit en contact avec le feu ardent, ne se consumait pas. Ce n’était pas que le feu ne pouvait pas le faire, c’est parce que le feu lui-même en avait décidé ainsi. Le feu de Dieu, la puissance de Dieu est ainsi folie de Dieu (1 Cor 1 :25), c’est-à-dire sagesse au-delà de celle des hommes : Il fait grâce à qui Il veut, Il décide de faire vivre et de faire mourir… Et nul ne peut contester Ses voies parce qu’elles sont parfaites.
 La fragilité et la délicatesse du buisson d’une part et le feu ardent d’autre part, révèlent aussi les deux extrêmes qui habitent en Dieu, qui font un en Lui, et qui caractérisent la puissance de sa nature : Il est à la fois si terrible mais en même temps si accessible ; à la fois si redoutable mais aussi si…adorable ; à la fois terrifiant et si compatissant. 
 Sa voix fait gronder le tonnerre, fait briser les cèdres du Liban, fait trembler le désert…(Ps 29) ; mais sa voix est aussi en même temps « doux et léger murmure » (1 Rois 19 : 12). Les yeux de Moïse ont vu par le buisson qui ne consumait pas, un phénomène physique contraire à la nature des choses. Mais Dieu a pris justement les choses physiques de la nature pour lui révéler un épiphénomène : celui que Dieu est Dieu parce qu’Il règne et parle au milieu des (choses) contraires. Alléluia !

C’est à partir de ce premier « vis-à-vis » du mont Horeb que Moïse a réalisé la puissance ineffable de Dieu et a conséquemment vu son bâton se transformer en serpent, a pu envoyer par la suite des plaies sur l’Egypte, ouvrir la mer...Mais trente chapitres plus loin, c’est-à-dire lorsque Moïse était parvenu à un certain approfondissement de sa marche avec Dieu, dans Exode 33 : 20, Il ne Le verra plus sous forme d’énigme. Il le verra cette fois directement, distinctement, de dos. Alors que dans Exode 3 il est descendu du mont Horeb, après l’expérience du buisson ardent, avec un bâton-serpent, ici, Moïse va descendre du Sinaï, après avoir vu le dos de Dieu, avec les tables de la loi. 

Ainsi à chaque expérience, à chaque « vis-à-vis » que Moïse a connu avec Dieu, qui était une révélation progressive de Sa personne, a correspondu un impact différent : non seulement il a réalisé, par l’expérience du buisson ardent, la puissance indicible de Dieu, mais cette puissance même lui a surtout appris à « ôter ses chaussures en Sa présence » (Ex 3 : 5), à comprendre que le feu de Dieu se manifeste dans la sainteté de Dieu. 
C’est aussi à cause de l’impact du buisson ardent qu’il a levé son bâton et a frayé un chemin dans la mer, là où les enfants d’Israël pleuraient et paniquaient à l’approche de Pharaon et de son armée. C’est parce qu’il avait reçu les tables de la loi, que Moïse a connu une nouvelle dimension dans son ministère, celle de construire le tabernacle, le lieu où habiterait Dieu au milieu de son peuple et à instaurer une alliance avec Israël. 
C’est parce que Pierre avait eu un « vis-à-vis » avec Christ sur la montagne de la transfiguration (Mat 17 :1-2) que là où Judas a pu livrer le Seigneur pour trente pièces d’argent (Mat 26 :15), il a refusé de se compromettre quand Simon le magicien lui a proposé « d’acheter » la grâce de Dieu (Actes 8 : 18-21). Ainsi donc de l’altitude de notre « vis-à-vis » avec Dieu dépend aussi notre attitude à ne pas corrompre notre foi, encore moins la brader, et à rester intègre.

Voici donc Moïse en Exode 33, repoussant encore plus loin les limites de sa connaissance de Dieu : « Fais moi voir ta gloire ». Moïse avait pleinement conscience que ce qu’il demandait était surréaliste. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même lui dit : «  l’homme ne peut Me voir et vivre » (Ex 33 : 20). Pourquoi ? Parce que « voir la gloire de Dieu » signifiait aussi « voir la face de Dieu ». Or Psaumes 85 : 14 nous révèle que la justice marche devant Lui, c’est-à-dire devant Sa face.  
Quel est alors l’homme qui peut « voir » Dieu, qui peut regarder distinctement son visage, c’est-à-dire qui peut tenir devant Sa justice ? Notre justice, qui est un vêtement souillé devant Lui (Esaïe 64/5), peut-elle oser regarder en face la sienne ? 
Ananias et Saphira sont entrés en jugement avec elle, ils ont été foudroyés de mort (Actes 5 : 1-10).  Dathan, Abiram et Koré entrèrent en rébellion contre elle, ils descendirent vivants au séjour des morts (Nb 16 : 29-35). Adam et Eve avaient désobéi à sa voix, c’est pourquoi aussi ils se « cachèrent loin de sa face » (Gen 3/8). Même les 24 vieillards, pourtant revêtus de vêtements blancs, et qui siègent devant son trône, en levant leurs regards vers cette face, ne peuvent que se prosterner devant Le créateur. Ils ne se considèrent même pas dignes de remettre leurs couronnes entre Ses mains, ils la déposent à Ses pieds (Ap. 4 : 10-11)…

C’est la raison pour laquelle contrairement au pharisien de Luc 18 : 12 qui s’enorgueillissait de ses jeûnes, de ses prières, de sa conception de Dieu… c’est-à-dire de sa « propre justice »,  la Bible nous dit que le publicain n’osait pas lever les yeux au ciel (Luc 18/13). C’était donc en réalité une chose difficile que Moïse demandait parce que Christ n’était pas encore venu,  et le voile du temple n’avait pas encore été déchiré pour nous faire entrer dans le sanctuaire et voir Dieu tel qu’Il est (Mat 27/51 ; Eph 2/18). 
C’est pourquoi aussi pour exaucer Moïse, Dieu lui dit : « Quand ma gloire passera, Je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu’à ce que j’aie passé. Et lorsque je retournerai ma main, tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue » : pour que Moïse soit capable de voir Dieu, il fallait que le bras de la sainteté de l’Eternel (Es 52/10) vienne à son secours, que la justice de Dieu Lui-même couvre la sienne, de sorte que le contre coup du passage de Sa gloire, c’est-à-dire de Sa face, soit amorti. 

La face de Dieu aurait certainement fait mourir Moïse, mais le dos de Dieu, révélé à Moïse, lui a permis de Le voir dans sa chair et de vivre. La révélation donc de la face de Dieu, c’est-à-dire de la loi, du jugement et de la mort, a été différée, transposée dans la révélation du dos, c’est-à-dire de la grâce. Dieu a montré à Moïse « son vrai visage » et « sa vraie gloire » "par son dos", celui du Dieu de toutes grâces.  Car effectivement lorsque Sa gloire passait devant Moïse, c’est-à-dire lorsque Son visage passait devant Moïse, Dieu Lui-même s’identifie en ces termes :
« L’Eternel, L’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération ». (Ex 34 : 6-7).

Les deux extrêmes de Dieu que nous avons vu plus haut , s’expriment encore ici,  mais celle qui se révèle  premièrement dans l’ordre de la révélation de Dieu à Moïse,  est celle du Dieu de grâce avant celui du Dieu de justice. C’est pourquoi la femme qui avait une perte de sang depuis 12 ans en Matthieu 9 : 20  n’est pas venue à Jésus par devant Lui, c’est-à-dire par devant la justice de Dieu, par devant la loi qui l’aurait certainement condamnée, elle est venue à Lui par « derrière », en « se cachant » derrière son dos, en le « touchant par derrière », là où on peut trouver refuge loin de la sévérité du jugement de Dieu, là où est manifestée la grâce de Dieu. C’est pourquoi aussi la puissance de la grâce l’a guérie. 
Car c’est bien par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi, cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu (Eph 2 : 8). Le « vrai visage de Dieu » c’est celui que nous voyons manifesté dans son dos parce qu’Il dit en Esaïe 50 : 6 « J’ai livré mon dos à ceux qui me frappaient… ». C’est pourquoi comme Moïse, en contemplant « le dos de Dieu » par Christ, ce dos lacéré, flagellé pour nous, en fixant les regards sur le sacrifice effectué pour nous, Dieu nous rappelle que c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris, par ses blessures que nous avons un accès illimité à Lui.

Comme un écran plasma devant lui, Moïse contemplait ainsi les mystères de la gloire de Dieu par son dos, mais il ne pouvait pas voir au-delà ce que Dieu pouvait voir parce que Lui seul à la pleine connaissance du futur et de l’avenir. C’est pourquoi nous suivons l’Agneau partout où Il va (Ap 14 :4), c’est-à-dire que nous marchons à sa suite, nous le suivons " par le dos", nous ne voyons pas nécessairement au-delà de Lui mais nous lisons cet avenir "par son dos" parce que Lui, le Bon Berger,  connaît notre avenir. IL nous dit simplement « Suis-moi ». 
Parce qu' au stade de la révélation du dos de Dieu, correspond aussi celui de la révélation des tables de la loi, c’est-à-dire de la Parole de Dieu. Ces tables de la loi étaient une alliance entre le peuple d’Israël et Dieu et c’est ce qu’est la Parole de Dieu : elle est une promesse d’alliance entre nous et le créateur toutes les fois où nous la mettons en pratique, où nous nous reposons en elle. Elle est infaillible parce que les tables de la loi ont été écrites dans des pierres de roche, de la main de Dieu Lui-même  (Ex 34/1).

Notre Dieu est Vivant et réel. Il se laisse trouver par Celui qui le cherche (Jér 29/13). Il nous fait connaître son visage "par son dos", Il nous fait accéder à Sa gloire par Sa grâce. Il nous révèle qu’Il est profond et que nous devons donc aller en eaux profondes pour découvrir les trésors inestimables cachés en Lui. Il veut étendre les limites de notre connaissance de Lui, Il nous appelle par conséquent à nous humilier devant Lui,  car ce sont les enfants devant Lui qui sont les vieillards devant son trône. Tout est possible à celui qui le voit " de dos", à celui qui le touche "de dos".
Puissent  tous ceux qui sont malades, qui sont au bord du gouffre, qui soupirent après Dieu, qui sont affligés, qui pleurent de douleurs de toutes sortes et qui lisent ce message, qui viennent à Dieu "par son dos", être touchés par Sa GRACE ! Il est notre avenir car c’est Lui qui voit pour nous notre lendemain, c’est pourquoi Il nous appelle à Le suivre car jamais Il ne nous tournera… le dos.  
 Shalom !

Hervé Coulibaly