09 mai 2014

Le 2ème mois, Iyar,le mois de la guérison

                         
 8 Mai 2014- 8 Iyar  ( 2ème mois biblique)              
                                                                      Message pour  YOM ATSMAOUT
                                                                          Jour de l'indépendance-Jour des ossements
1 La maladie de l'exil 

Nous entrons dans le mois d' Iyar, un mois chargé de messages concernant surtout notre époque contemporaine et le retour de notre peuple sur sa terre.

Nos maîtres expliquent que le mot Iyar est formé par les initiales de 4 noms :

 Avraham, Ytsrak, Yaakov et Rahel.
Ils ajoutent que ce mot fait aussi allusion au verset : Ani Hachem rofeha « Je suis D.ieu ton médecin ! »
Ce mois est donc celui de la guérison, mais de quelle maladie?
En fait il s'agit de la maladie de l'exil.  
D.ieu nous guérit en nous sortant de l'exil !

Comment agit la maladie sur l'homme? Elle le dénature, le transforme, au point parfois de le rendre méconnaissable.
Un homme fort s'affaiblit au point de devenir impotent ou paralysé.
Celui qui ne le rencontre que pendant sa maladie, comment pourrait il deviner qu'il fut avant un athlète, fort et brillant ?
Un homme beau peut être défiguré par la maladie au point qu'il ne lui reste rien de sa beauté passée.
Un homme intelligent peut perdre la tête et devenir fou !

Dans tous les cas, une maladie grave transforme totalement l'être et le rend méconnaissable.
Il en est exactement de même pour la maladie de l'exil, car effectivement l'exil est une maladie, comme nous le voyons dans le cantique des cantiques ou dans de très nombreux enseignements des maîtres d'Israël.
Et l'exil, comme une maladie, agit sur la nature d'Israël et la change au point de le rendre méconnaissable.
Un juif en exil n'a plus rien à voir avec le juif de la terre d’Israël.
En d'autres termes,  l'exil transforme et falsifie totalement l'identité juive authentique.
Et celui qui en voyant les juifs de l'exil s'imagine qu'il s'agit là du judaïsme authentique se trompe totalement, car ce qu'il voit ne sont que des juifs malades.

2. L'identité juive authentique

La guérison est liée au message contenu dans le mot Iyar qui fait allusion, comme nous l'avons expliqué, aux 3 Pères et notre mère Rahel.
Ces 4 personnages, en effet, incarnent le juif guéri ayant retrouvé son identité.
En fait, l'identité juive authentique repose sur 4 piliers incarnés par ces 4 personnages.

Avraham représente la capacité de se renouveler constamment, d'être capable de recommencer tout à zéro si telle est la volonté de D.ieu.
Il n'est pas prisonnier et enferme dans ses habitudes, sa compréhension, sa vision du monde, sa logique, il n'est pas lié à son entourage, à un courant, à une mode, il est libre, libre d'être ce que le Maître du monde attend de lui.
A l'âge de 75 ans il quitte tout ce qu'il possédait, tout ce qu'il avait construit et recommence tout à zéro dans une terre nouvelle qu'il ne connaissait pas.
Mais il ne s'arrête pas là!
 A 100 ans ,  il recommence a nouveau tout à zéro en se circoncisant et en changeant de nom. Il effectue en fait une véritable conversion au sujet de laquelle nos Maîtres disent : un converti est comme un enfant qui nait.
A 100 ans il renait et commence une nouvelle vie!
Et il ne s'arrête pas là.
A 137 ans, il est prêt à sacrifier le but et le sens de toute sa vie en donnant son fils, quitte à tout recommencer à zéro si telle est la volonté de D.ieu !

Ytsrak représente la capacité du don de soi, du sacrifice, de l'annulation totale de soi.
Mais chez lui ce sens du sacrifice dépasse l'entendement, la logique et la raison.
En effet, dans tous les cas de sacrifices connus, qu'ils soient pour des motifs religieux, idéologiques ou politiques, celui qui se sacrifie sait pourquoi il donne sa vie et a de bonnes raisons, selon son point de vue, de le faire. Finalement, son sacrifice est l'expression la plus forte du sens de sa vie, de ce pourquoi il a toujours vécu.

En ce qui concerne le sacrifice d'Ytrsak c'est exactement le contraire, puis qu'il s'agissait ici de quelque chose d'apparemment totalement absurde, inutile, contraire non seulement à la logique, à la morale, mais aussi à tout ce que D. Lui même avait enseigné à Avraham. Et au dessus de tout, cela contredisait la promesse qu'Il avait clairement fait : C'est Ytrsak qui est le fils que Je t'avais promis!

Le sacrifice n'est pas ici seulement physique, mais surtout mental: accepter de continuer à suivre D.ieu et à lui faire confiance, même lorsqu'on ne le comprend plus du tout et même lorsque ce qu'Il demande,  semble contredire tout ce que nous avions compris de Lui !
Ce niveau de sacrifice est l'essence même de notre peuple qui continue à suivre D. malgré tout ce qui nous est arrivé dans notre histoire et qui semble contredire non seulement le fait qu'Il nous ait choisis, mais pire encore, qui semble tout simplement contredire Son existence!

Yaakov représente la volonté de transmettre aux générations futures.
C'est le véritable Père d'Israël, non seulement parce qu'il est le père des 12 tribus mais aussi et surtout parce que tous ses fils sont restés inclus dans la famille d'Israël. A la différence d'Avraham qui a perdu Ichmaël, Ytsrak a perdu Esav.
Il ne s'agit pas là que d'une différence technique mais fondamentale. C'est justement parce que Yaakov ne concevait le sens de sa vie qu'en tant que "Père" transmettant à des "enfants" qu'il a réussi à les garder tous et à créer le peuple juif.
Et pourtant son histoire nous montre les énormes difficultés auxquelles il a été confronté en tant que père et malgré toutes ses énormes épreuves,  il a réussi à faire de ses 12 fils, les 12 tribus d'Israël.

Rachel incarne la "malhout", (la royauté) selon nos Maitres, c'est à dire la qualité essentielle nécessaire à la création, la stabilité et la durée d'un peuple: la capacité de s'effacer, lorsque cela est nécessaire, devant l'autre.
Toute l'histoire de Rahel avec Lea, sa capacité de renoncer à ses droits, de réclamer justice, de dénoncer le "vol" commis par sa soeur, montre et prouve qu'elle avait compris que pour créer un peuple (les 12 tribus, racine d’Israël), il faut que chaque individu soit prêt, parfois, à renoncer à ses droits individuels, afin de permettre à la nation d'exister.
 Lorsque dans un peuple, chacun ne s'intéresse qu'à ce qu'il peut recevoir, bénéficier, prendre et gagner, et même s'il ne s'agit que de l'utilisation de ses droits, cette attitude, comme un cancer, est la maladie qui, finalement détruit tous les peuples et les civilisations.
Une nation se fonde sur les devoirs beaucoup plus que sur les droits, sur la responsabilité, plus que sur les intérêts, et ceci, Rahel l'incarne à la perfection.

Nous avons donc trouvé les 4 piliers de l'identité juive authentique: le renouvellement (Avraham), le don de soi (Ytsrak), la transmission (Yaakov) et l'abnégation (Rahel).

3. Yom Atsmaout ou le personnage de Yossef

Comme nous le savons notre tradition rapporte que la délivrance finale se fera en deux étapes. La première, appelée la phase "machiah ben yossef" (messie fils de Yossef -Le Yossef biblique, fils de Yaakov- (Jacob), correspond au retour physique de notre peuple sur sa terre et à la reconstruction matérielle de la nation sur sa terre.
 En tout premier lieu, bien sûr, il s'agit de la reconstruction de la terre, elle même, qui pendant 2000 ans d'exil était devenue un désert du sud au centre et des marécages du nord au centre.
Puis vient, la deuxième étape, une fois la nation et la terre reconstruites matériellement,  commencent alors la reconstruction spirituelle et morale d'Israël provoquée par un retour de toute la nation vers D.ieu et la Torah, grâce à l'action du deuxième Machiah, Machiah ben David (le Messie fils de David).
Il est extraordinaire de remarquer que Yom Atsmaout tombe au mois de Iyar et il est evident que nous sommes encore dans la phase "machiah ben Yossef".

Il y a donc un lien entre Yom Asmaout et le personnage de Yossef et aussi un lien entre eux et tous les symboles que nous avons expliqués au sujet du mois de Iyar.
Il est important de remarquer que le mot Asmaout (indépendance) est formé des mêmes lettres(dans un ordre différent) que le mot Atsamot (les ossements).
Or, effectivement, les ossements font allusion à Yossef et à son amour pour la terre d'Israel, ainsi que l'expliquent nos Maitres dans le Talmud. Il fit jurer Israël d'enterrer ses ossements en terre promise lorsqu'ils sortiraient d'Egypte.

Cependant il y a ici une allusion incroyable à notre génération dans la demande de Yossef aux enfants d'Israël.
Pourquoi la Torah répète t-elle, de nombreuses fois, qu'il insista pour que ses ossements soient enterrés en terre promise ? Ne suffisait il pas de demander à ce "qu'il soit enterré en terre promise"? Tout le monde aurait compris qu'il s'agissait bien sûr de ses ossements, puisque la sortie d'Egype devait avoir lieu des siècles après sa mort !! De plus notre tradition rapporte que certains grands Justes restent entiers dans la tombe et même pendant des siècles, alors pour quoi parle-t-il constamment de ses ossements?
En vérité les ossements font allusion au peuple juif en exil, lorsqu'il a déjà tout perdu sur le plan spirituel et qu'il s'est déjà presque totalement assimilé au point qu'il ne lui reste plus rien que ses "ossements".

Ceci est explicitement expliqué par le prophète Ezekiel qui compare notre peuple en exil à un squelette dans sa tombe : il ne reste rien, que les os !
Or dit Ezekiel, au moment de la délivrance finale, la "tombe" s'ouvrira, le squelette ressortira, puis la chair et la peau, petit à petit commenceront a reformer le corps. Après la reconstitution du corps alors D.ieu insufflera l'âme dans ce corps et le "mort" revivra. Le prophète, lui même, explique que toute cette vision fait allusion aux différentes étapes du retour d'Israël sur sa terre au moment de la délivrance finale.

[..Le chapitre 37 d´Ezéchiel est l´un des textes prophétiques les plus impressionnants parlant de la Délivrance finale : "la main d´Hachem (l´esprit prophétique) se posa sur moi et je fus transporté dans une grande plaine remplie d´ossements. Je vis, allongés sur la plaine, quantité d´ossements, très nombreux et très secs."
 D´après notre tradition, il reste dans les ossements, après la mort, une étincelle de vie qui protège l´os, à partir duquel la résurrection sera possible, alors qu´ici, disent les commentaires, les os étaient "yevéshot méod", c’est-à-dire que" même cette étincelle avait disparu. "
D. me dit : ces os peuvent-ils revivre ?" "Tu le sais très bien" (c’est-à-dire, Tu sais très bien que non). Hachem me dit : prophétise en direction de ces ossements : "Vous, os desséchés, écoutez la parole d´Hachem : Je ferai venir en vous un souffle, et vous revivrez." Dans ce Texte, c´est l´impossible qui se réalise ! La situation du Am Israël était à l´opposé de toute notion de résurrection sur sa Terre ! "Je mettrai sur vous des nerfs, Je ferai venir la chair, et la recouvrirai de peau. Je mettrai Mon souffle dans ce corps, et vous revivrez. Et vous saurez que Je suis Hachem."
On voit que cette reconstruction de la vie se fait sur le même modèle que la création de Adam : D.ieu fit un corps, puis souffla en lui une âme de vie, le roua´h. Pour la résurrection nationale aussi, il y a d´abord la reconstruction du corps (Mashia´h ben Yossef, la reconstruction matérielle d´Israël), puis vient le roua´h, la dimension spirituelle.( Mashia'h ben David)..].

Nous voyons donc que les "ossements" font allusion à notre peuple dans les périodes les plus sombres de l'exil, surtout sur le plan moral et spirituel, lorsqu' Israël a perdu, non seulement,  son âme , mais même sa peau et sa chair!
A présent nous comprenons que la demande de Yossef était une véritable prophétie qui faisait allusion surtout à la dernière délivrance de notre peuple, lorsque nous ne serions plus que comme des "ossements", sans Torah !

Yom Atsmaout (jour d'indépendance mais aussi jour des ossements) est donc l'illustration la plus parfaite de cette véritable prophétie de Yossef. Effectivement la grande majorité de ceux qui sont revenus à notre époque moderne pour reconstruire notre terre étaient des "ossements de juifs" sans Torah ! Et Yossef nous prévient des millénaires auparavant qu'il faudra faire très attention de ne pas commettre l'énorme erreur de dire que cela ne peut pas être le retour voulu par D., puisque ces juifs sont sans Torah!
Bien au contraire, se sont les "ossements" qui reviendront les premiers en Eretz Israel et qui reconstruiront notre pays.
Exactement selon l'ordre énoncé dans la prophétie d'Ezekiel qui, lui aussi, indique que la délivrance finale commencera par les os (1) et que seulement dans la dernière étape, l'âme reviendra, c'est à dire la phase de Machiah ben David qui viendra après celle de Machiah ben Yossef.
On comprend donc le lien entre Yom Atsmaout et le mois de Iyar. Puisque ce mois indique que la délivrance finale sera une guérison pour notre peuple, il est donc évident que nous serons en état "d'ossements" lorsque nous reviendrons !

IL est donc de notre devoir de considérer ce jour avec le plus grand sérieux et noblesse car il symbolise effectivement le début de notre délivrance.
Et même s'il ne symbolise que notre état "d'ossements", c'est malgré tout le début de la délivrance tel que Yossef lui même l'avait prédit !

Une autre notion incroyable se cache aussi derrière la symbolique des ossements.
Nos Maitres enseignent en effet que cette demande de Yossef prouve son amour pour la terre d'Israël.
Or ces ossements représentent les juifs qui n'ont plus d'attachement conscient et visible avec la Torah!
Nous découvrons ici un enseignement incroyable. La Torah nous enseigne que même lorsqu'un juif a tout oublié, ne croit plus en rien et ne pratique plus rien, il lui reste malgré tout une chose qui est, elle, indestructible au plus profond de son âme: son amour pour la terre d'Israël !
Et c'est précisément ce genre de juifs qui provoqueront le début de notre délivrance et la reconstruction de notre terre!
L'amour de la terre d'Israël représente l'ossature indestructible et éternelle de notre peuple.
Notre histoire contemporaine en est l'illustration la plus claire et la plus parfaite.

Nous comprenons aussi un autre enseignement totalement mystérieux qui dit que seul Yossef peut s'opposer à Esav (Sitno chel Esav)!
Or on ne voit nulle part dans la Torah que Yossef se soit battu avec Esav et qu'il l'ait vaincu!
En fait cet enseignement est prophétique et fait allusion lui aussi à la délivrance finale.
Pour échapper à Esav qui est le dernier exil d'Israel,  il faut que notre délivrance débute d'une manière presque imperceptible au point qu'il n'y prêtera pas attention en se disant qu'il ne peut s'agir de notre délivrance.
Effectivement lorsqu’ Esav voit les "ossements" d'Israël prendre la tête du chemin du retour, il ne s'inquiète pas dans un premier temps, se disant que finalement, il s'agit de juifs assimilés qui de toutes façon ne peuvent sauver Israël ! ( vote de l'ONU en 1947)
Et ce sont précisément les "ossements de Yossef" qui réussiront à vaincre l'exil de Esav car lorsqu'il comprendra son erreur cela sera déjà trop tard ..]

Puissent nos yeux voir ce jour !
Vive le D.ieu d'Israël
Vive la Torah d'Israël
Vive le peuple d'Israël
Vive la terre d'Israël et vive Medinat Israël

Extrait de : Message pour YOM ATSMAOUT
Rav Dynovisz

(1)  Notes
Des commentaires font remarquer que la reconstruction de la nation, décrite ici, se fait à l´inverse de la construction d´un bébé (de la peau vers la chair : de l´extérieur vers l´intérieur). Or, ici, elle se fait à partir des os, puis les vaisseaux, la chair et enfin peau. Et c´est ce qui s´est passé : le retour d´Israël a commencé bien avant le mouvement laïc, par les 1ères allyiot, il y a 350 ans, avec le Baal Shem Tov et le Gaon de Vilna, et leurs élèves. Nous avons donc commencé avec l´os, le etsem, et nous sommes éloignés de plus en plus vers la peau. Exactement comme dans la prophétie d’Ezéchiel, le Retour a commencé de l´intérieur, puis a été repris par des Juifs du type chair, puis peau. Le sionisme laïc fait donc partie du processus prévu de la Délivrance. Et seulement à la fin viendra le roua´h. Hachem voulait que cela se passe ainsi, et que la reconstruction d´Israël ne reste pas entre les mains des juifs traditionnels, car tout le monde fait partie du Projet. Dans la Délivrance finale, Hachem veut récupérer tout le monde, alors qu´en Egypte, les quatre 5ème ne sont pas sortis. D. veut que tout Israël prenne part à la Délivrance finale !.cf résumé du cours R.Dynovisz.]

Ytsrak : Isaac - Esav:Esaü
Hachem : Le NOM ( Dieu)
Esav = Edom = les nations 
Exil d'Esav : dispersion d'Israël parmi les nations