31 mars 2014

L'humilité devant Dieu

                                                                          Esaie 40/21-31
                                             
                                                         « AFIN QUE NUL NE SE GLORIFIE» Eph 2: 9

Que la grâce et la paix du Seigneur soient avec tous!
Nous sommes dans les derniers temps et comme les Écritures l’ont déjà annoncé, ces temps seront pénibles. (2 Tim 3: 1-5).  C’est pourquoi dès l’entame de ce partage, je voudrais commencer avant tout,  par poser une fondation d’encouragement et de foi, en particulier à l’endroit de ceux qui passent par des moments difficiles de toutes sortes. Au cours de la vie exaltante d’Abraham, il est arrivé qu’il soit convoqué par l’Éternel sur le mont Morija (Gen 22: 1-2). Où beaucoup n’aiment pas  aller, parce que c’est le lieu du sacrifice et du sang.
A ses côtés, Isaac, fruit de nombreuses années d’attente, et qu’il devait sacrifier sur ordre de Celui là même qui le lui avait donné. Malgré toute la tristesse d’Abraham, au delà de son incroyable obéissance, c’est ce qu’il dit à Isaac quand celui-ci, incrédule, lui demande « où est l’agneau du sacrifice?» qui est d’une haute portée pédagogique spirituelle. En dépit de sa douleur et aussi de son incompréhension, Abraham répond: «Dieu se pourvoira Lui-même de l’agneau…» (Gen 22: 8).

Effectivement, un bélier, fruit de l’obéissance d’Abraham fut miraculeusement pourvu sur la montagne (Gen 22:13): ce que nous disons en période d’épreuve n’est jamais banal et ne reste jamais sans conséquences. Au milieu de la douleur et de l’incompréhension, Abraham a confessé la capacité illimitée de Dieu, dans une situation où il était lui-même limité. Et de cette confession, semée sur un chemin de douleur, a germé  le miracle de Dieu.
Au delà de ce que nous vivons individuellement ou collectivement à travers nos nations, nous devons garder à l’esprit qu’il y a sur notre langue, une parole, une semence, une puissance qui a la capacité de libérer pour nous un «bélier»,  pour compenser ou récompenser notre sacrifice, alors même que nous sommes sur le chemin de Morija, le chemin de la douleur et de l’incompréhensible. Ne nous lassons pas de semer la Parole sur notre sentier en période de larmes,  car elle germera pour nous avec chants d’allégresse! Alléluia!

Sur cette fondation, ouvrons nos cœurs à présent sur le message du Seigneur à notre endroit. 
La Bible dit dans le livre de Jean 13: 17 «si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez». Autrement dit, être heureux en Christ procède de la pratique de la Parole qui elle-même est liée au savoir, à la connaissance dévoilée de la Parole.
Et l’une des choses dont la pratique est appelée à nous rendre heureux est L’HUMILITE. Nous essaierons, en vue d’être heureux en la pratiquant, d’amplifier un peu plus notre compréhension de cette vertu à partir de la création. 

Lorsque nous considérons en effet l’œuvre entière de la création (sous le ciel) nous réalisons qu’il y a trois sortes de règne. Par ordre d’éminence, ce sont: le règne humain, le règne animal et enfin le règne floral (en y incluant les minerais, les eaux etc.).
Mais cette place de prééminence de l’homme sur les autres règnes a une origine spéciale : du point de vue biblique, Dieu a d’abord créé le règne floral, ensuite le règne animal, pour parachever l’œuvre de la création par l’homme. C’est donc de sa position de dernier de la création, que Dieu a fait de l’homme le premier sur toute la création. Et c’est de la poussière, une matière qui ne résiste pas au vent, que Dieu l’a fait.
Pour lui rappeler, comme le fît  l’écharde dans la chair de Paul, sa toute suffisance, ses origines et aussi…sa fin. Et pour que je ne sois pas enflé d'orgueil, à cause de l'excellence de ces révélations, il m'a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m'empêcher de m'enorgueillir. 2 Cor 12/7 . Donc, depuis sa place de dernier dans les actes hiérarchiques de la création jusqu’à la matière même par laquelle il a été fait, la marque de la GRACE est celle qui est intimement et ontologiquement liée à l’existence même de l’être humain.
C’est de sa place de dernier que Dieu a fait de l’espèce humaine,  le règne le plus évolué et le plus intelligent sur les autres règnes qui ont vu le jour avant lui. Le règne humain est le seul dont le «droit d’aînesse» sur les autres règnes a procédé, par le pouvoir discrétionnaire de Dieu Lui-même,  qui a renversé l’ordre des choses en faisant du dernier le premier.

 Parce que Dieu dans sa sagesse créatrice et insondable voulait en même temps qu’il élevait l’homme, qu’il soit aussi marqué des insignes de l’humilité et qu’il se rappelle en tout temps qu’il n’a de gloire que Dieu Lui-même. C’est pourquoi la Bible dit par la bouche de David: qu’est-ce que l’homme pour que Tu te souviennes de lui? Et le fils de l’homme pour que tu prennes gardes à lui? (Ps 8: 5); ou encore par la bouche de Paul : car qu’est-ce qui te distingue? Qu’as-tu que tu n’aies reçu?...» (1 Cor 4:7).

En effet,  si Dieu a été capable d’utiliser un âne, un animal réputé peu intelligent, du deuxième règne, pour parler à un homme (du premier règne), de surcroît un prophète, en la personne de Balaam et lui montrer la voie (Nb 22:23-33) ; si Yeshua dit qu’Il est capable d’utiliser des pierres (Mat 3:9) c’est-à-dire des éléments du troisième règne pour le louer à la place de l’homme, où est le sujet de gloire de l’homme si ce n’est de s’abaisser lui-même devant Dieu et lui rendre continuellement grâces ?

Qu’est-ce que donc être humble devant Dieu? C’est avant tout de réaliser que de façon absolue et permanente, notre «moi» n’a de raison d’être que dans les limites du champ de la grâce de Dieu. Parce que nous l’avons vu, au delà des frontières de la grâce de Dieu, les réelles valeurs de l’homme ne sont rien d’autre que sa place de dernier dans la création et de créature de poussière. C’est pourquoi dans le livre de Jérémie 9: 24-25, l'Eternel dit : Que celui qui veut se glorifier se glorifie d'avoir de l'intelligence et de me connaître, de savoir que je suis l'Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; car c'est à cela que je prends plaisir,

L’homme intelligent devant Dieu c’est donc celui dont la gloire ne prend pas sa source en lui-même mais en Dieu. Faire le contraire signifierait qu’on n'est pas plus intelligent…que l’âne de Balaam! C’est pourquoi quand le roi Nébucadnetsar enivré par sa puissance a eu son cœur enflé par l’orgueil, Dieu l’a fait rétrograder de sa position de premier règne pour celle du deuxième règne, le règne animal, broutant de l’herbe, afin de lui apprendre le sens réel de la grâce qui lui avait été faite d’être établi roi. ( Dan 4/29 à 33)

David a eu une royauté pérenne et bénie parce que durant tout son règne où il a été élevé par Dieu, il a constamment gardé à l’esprit qu’au départ il a été pris «derrière le troupeau» (2 Sam 7:8). C’est de la place où il était, derrière même le règne du deuxième ordre, le règne animal, que Dieu l’a oint par Samuel, pour être roi.

Comprendre donc que la grâce, en tant que faveur imméritée, est originellement attachée à notre existence même, c’est comprendre que le sens de notre relation avec Dieu et avec nos semblables,  ne peut se faire autrement que dans une relation d’humilité. C’est comprendre que depuis notre origine nous n’avons aucune gloire propre que celle que nous avons reçue de Dieu de sorte que «celui qui veut se glorifier doit se glorifier dans le Seigneur» (1 Cor 1: 31). L’apôtre Jean a très bien compris cette vérité puisqu’il a souhaité que la courbe de la grâce de Dieu soit croissante dans sa vie et que la courbe de son «moi» soit décroissante :
                                    Il faut qu’IL  CROISSE et que JE DIMINUE        (Jean 3:30).

Le Père a mis toute son affection dans le Fils parce que le Fils, l’Agneau parfait, a parfaitement dilué son «moi» dans le «moi» du Père. Être humble devant Dieu, c’est se dépouiller de son «moi» qui du reste n’a aucune valeur, pour se vêtir du «moi» de Dieu qui est notre réelle gloire. Dans le jardin de Gethsémané, Jésus a accepté de boire la coupe, c'est-à-dire accepté de faire la volonté du Père parce qu’Il a privilégié le «moi» du Père au sien; c’est pourquoi sur la croix même, lorsque assoiffé, il demanda de l’eau, et qu’on lui servit du vinaigre et qu’on perça son côté avec une lance, revêtu du «moi» de Dieu, Il puisa en lui-même les dernières réserves d’eau qui lui restait et les donna, au travers de son côté percé, à l’homme qui lui avait servi du vinaigre et qui l’avait percé (Jean 19: 34). L’humilité, c’est aussi donner de l’eau quand on nous sert du vinaigre…

Mais en même temps que la sagesse créatrice de Dieu révèle le devoir de l’homme de s’humilier devant Dieu, elle révèle la puissance créatrice de Dieu. Comme pour signifier que c’est en s’abaissant devant Dieu qu’Il nous révèle et nous manifeste sa puissance. En effet, pour bâtir une maison ou construire une automobile, on fait référence à un modèle prédéfini au départ,  autour duquel se met en branle tout le processus de la construction jusqu’à la finalisation.
 Mais Dieu est celui qui a d’abord commencé par la fin pour terminer par le début : Il crée Adam le sixième jour, après avoir tout achevé, comme pour lui dire: «Tu vois, Je n’avais pas besoin que tu sois là du premier jour jusqu’au cinquième jour pour me dire ce que J’ai à faire et ce que J’ai à faire pour toi».

Ainsi Adam n’était pas encore venu à l’existence que l’oxygène, indispensable pour les globules rouges du sang d’Adam encore absent, était déjà présent dans l’atmosphère du jardin d’Éden; la vitamine C indispensable pour fortifier le système immunitaire du corps d'Adam encore absent,  était déjà présente dans l’orange du jardin d’Éden; la vitamine E, nécessaire pour le bon fonctionnement du foie de l’organisme d’ Adam encore absent,  était déjà présente dans la carotte du jardin d’Éden

Dieu a donc planifié l’œuvre de la création en tenant compte des besoins biologiques d’Adam et Ève, non pas à partir d’ Adam et Ève présents, mais à partir d’ Adam et Ève absents. Adam et Ève, derniers de la création mais établis sur la création, en sortant du néant de la poussière, ont ainsi découvert combien Dieu est puissant!
Et Dieu veut manifester la force du lion en nous à partir de la faiblesse  de l’agneau en nous. Dieu veut agir au travers de nous dans ces temps de «famine spirituelle» et de «tiédeur de la foi». Mais Il a besoin que nous nous abaissions encore davantage devant Lui afin de voir sa puissance se révéler en nous et au travers de nous. Oui, Christ a été crucifié à cause de sa faiblesse, mais il vit par la puissance de Dieu. Nous aussi, nous sommes faibles en lui, mais nous vivrons avec lui par la puissance de Dieu pour agir envers vous. 2 Cor 13/4

Hervé Coulibaly