13 septembre 2013

Attrape ton serpent par la queue...



L'Éternel lui dit : Qu'y a-t-il dans ta main ? Il répondit : Une verge. L'Éternel dit : Jette-la par terre. Il la jeta par terre, et elle devint un serpent. Moïse fuyait devant lui.  L'Éternel dit à Moïse : Étends ta main, et saisis-le par la queue. Il étendit la main et le saisit et le serpent redevint une verge dans sa main. C'est là, dit l'Éternel, ce que tu feras, afin qu'ils croient que l'Éternel, le Dieu de leurs pères, t'est apparu, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Exode 4/2-5

La vie chrétienne est  une vie de foi. Or dans la liste des armes spirituelles que Dieu nous a donné en Ephésiens 6, la foi fait partie des armes offensives. Cela exprime la vérité que la chrétienneté est aussi par essence une vie de combats. Depuis le jour où nous naissons de nouveau jusqu’à notre dernier soupir, l’ennemi de notre foi, Satan, l’Ange déchu, espère nous ravir de la main de notre précieux Sauveur. C’est pourquoi le Seigneur Lui-même dira : « A celui qui vaincra, je donnerai la couronne de vie » (Ap 12 :11).

Mais qui est celui qui a vaincu si ce n’est celui qui a combattu ? 
De gré ou de force, nous sommes donc engagés pour la guerre spirituelle. Dans cette bataille, Jésus nous a déjà doté non seulement des armes nécessaires, mais aussi de l'autorité unique, seule capable de vaincre notre adversaire (Luc 10:19). Mais aucun soldat ne peut aller victorieusement à un combat, s'il n'a pas avant, vaincu la première guerre dans la guerre, c'est-à-dire la guerre psychologique. 

C'est la véritable bataille avant la lettre. Elle consiste à faire peur au camp adverse, à l'intimider, à l'impressionner, à le terroriser et à le déstabiliser dans l'âme de sorte à lui ôter le courage et la détermination à aller au combat. C'est cette tactique qu'a utilisé Goliath devant l'armée D'Israël dans le livre de 1 Samuel. Voici les paroles de Goliath en effet devant l'armée d'Israël : "Ne suis-je pas le philistin et n'êtes vous pas les esclaves de Saül ?" (1 Sam 17:8) Et voici l'effet de ces paroles (en plus de l’aspect physique de Goliath) sur les troupes de l'armée d'Israël : " Saül et tout Israël entendirent ces paroles du philistin et furent effrayés et furent saisis d'une grande crainte" (1 Sam 17:11).

A l'évidence, dans cet état de peur, de crainte de l'ennemi, Israël allait au combat en victime résignée parce que Israël avait été déjà vaincu sur le champ de bataille de la guerre psychologique. Car la foi mène à l'action mais la peur mène à l'abdication, à la capitulation, et donc à l’esclavage de celui qui s’est rendu maître de soi. C'est pour entraîner Moïse à ce combat, avant celui qu'il était appelé à livrer contre Pharaon, que Dieu engage un face à face entre lui et son serviteur autour du buisson ardent. Dieu demande premièrement à Moïse: "Qu'as-tu dans ta main" ? Moïse lui répond "un bâton" (verge) (Ex 4:2). Le bâton est le symbole de l'autorité. Moïse s'en servait pour paître le troupeau de Jethro son beau père. Mais jusque là il ne l'avait utilisé que sur des animaux inoffensifs et doux, des brebis. 
Certains chrétiens sont à ce stade; ils n'aiment pas les situations compliquées, ils répugnent l'adversité, ils aiment la vie chrétienne douillette de gloire sans croix ; ils préfèrent tout ce qui les caressent dans le sens du poil. Ne leur parlez pas de combat spirituel ! Or comme Moïse, nous avons entre nos mains l'autorité de Christ mais la peur, le doute, la taille et la férocité de l'ennemi font que cette autorité est dévaluée et donc contre-productive.

Mais sans adversité, il n'y a pas de révélation d'autorité. 
C'est pourquoi Dieu va faire sortir Moïse de "l'arène des brebis" pour l’emmener sur "l'arène des
serpents", dans l’objectif de lui faire prendre conscience d'une autorité encore plus grande : celle qui devait s'exercer sur les éléments de la nature, sur des entités spirituelles. Et pour prendre conscience de cette autorité que Dieu nous donne, il nous faut la "jeter par terre", autrement dit il nous faut affronter la réalité, il faut que l'autorité spirituelle venue du ciel s'exerce sur la terre. Il faut que la Parole qui est aussi le « bâton » soit jetée dans le camp ennemi. Dieu dit donc à Moïse "jette le par terre" (Ex 4:3). Et voici le « bâton » se transforma en un serpent. Moïse, à la vue du reptile prit la fuite ! Comme beaucoup qui fuient devant le "serpent" de la sorcellerie, le "serpent" du mysticisme, de la maladie...Certains tremblent à l’idée d’entrer dans la maison d’un tiers réputé « grand sorcier » ! Non l'Evangile de Jésus n'est pas un Evangile de la reculade, il n'est pas défensif, il est offensif !

 C'est pourquoi Dieu va engager Moïse dans le combat contre la guerre psychologique : il lui dit : "étends ta main et attrape-le par la queue" (Ex 4:4). La plupart des serpents, notamment la vipère, sont plus sensibles, plus nerveux, agressifs et extrêmement dangereux à leurs queues. Mais c'est par cette zone que Dieu demande à Moïse de saisir le serpent. Il ya plusieurs enseignements à retenir ici : primo, le serpent, de par son aspect, son mouvement et sa nocivité (venin) est un animal réellement dangereux. Moïse ne pouvait donc pas l’affronter n’importe comment si ce n’est sur la Parole du Seigneur lui-même. Dans le livre de Genèse, Dieu dit à Adam et Eve que leur talon écrasera la tête du serpent (Gen 3 :15). Mais ici ce n’est plus le talon qui devait être utilisé pour écraser la tête, c’est la main qui devait se tendre pour attraper la queue. Cela montre combien dans le combat spirituel nous devons rester dépendants du Seigneur et de son orientation pour une victoire réelle sur l’ennemi. Car comme le dit l’adage, « à chaque guerre, ses armes ». C’est pourquoi aussi Paul dit «…je frappe, non pas comme battant l’air » (1 Cor 9 :26).
Secundo, Moïse n’a pas attendu que le serpent vienne à lui pour engager les « hostilités », il a pris de l’avance sur lui. Il a anticipé les assauts du serpent.  Tercio, on ne peut comprendre l’autorité du « je vous ai donné le pouvoir sur toute la puissance de l’ennemi » si on a pas affronté, expérimenté et dompté toute la férocité de cette puissance. Moïse donc, sur ordre du Seigneur, étends sa main.

Et quand il le fait, le serpent redevient un bâton (Ex 4:4). Cela veut dire que c'est en affrontant avec courage l'ennemi, en ne le voyant pas par la vue mais par la foi, en bravant ce qui nous effraie, que l'autorité de Dieu en nous se révèle et s'exerce. Et ce "bâton", qui émanait de l’arène du serpent que Moïse avait désormais entre les mains n'était plus semblable à celui qu'il avait au début et qui était lié au troupeau de brebis. Moïse avait maintenant conscience qu'entre ses mains, il ne tenait plus "quelque chose" pour paître les moutons, mais sa foi avait été révolutionnée parce qu'il avait vaincu la guerre psychologique ; parce qu'il avait expérimenté la réelle nature de l'autorité de Dieu sur "le serpent", parce qu'il n'avait pas eu peur de l'attraper par sa queue. Désormais ce bâton qu'il avait entre les mains pouvait ouvrir la mer, envoyer des plaies sur l'Egypte, frapper un rocher et en faire sortir de l'eau...

Ce que Dieu a mis entre nos mains est plus puissant et peut faire encore plus que nous ne l'imaginons dans le combat spirituel contre le diable et ses démons dans leur hostilité contre nos vies et les plans merveilleux de Dieu pour nous ; contre l'adversité, l'échec etc...Ne te laisse pas effrayer, "attrape ton serpent par la queue" et tu verras se révéler le « bâton » de Dieu ! Je proclame au nom de Jésus, que ton "bâton" avale les serpents de Pharaon, qu'il fraie pour toi un chemin dans l'adversité de la mer et te mène vers ta terre promise au nom de Jésus-Christ
Shalom à toutes et à tous !

Hervé Coulibaly