13 août 2013

Le royaume de Kong (Côte d'Ivoire) des origines à la fin du XIX siècle

Cet ouvrage de Georges Niamkey Kodjo retrace l'histoire du prestigieux empire de Kong (Côte d'Ivoire) des origines à la fin du XIXè siècle, débouché naturel des richesses du Sahara et de celles de l'interfleuve Bandama-Comoé. La naissance de cet état, habité au début de notre ère par des peuples ancêtres des Sénoufo, remonte au XIè siècle. Dans cette zone de brassage, où se côtoyaient Arabes, Berbères et populations noires, on pouvait disposer de l'or, du sel gemme, des noix de kola et des chevaux. La destruction par Samori en 1897 de Kong et le massacre de sa population priva la Côte d'Ivoire d'une civilisation vieille de plus de neuf siècles.
L' Introduction commence en p7
Clik sur la flèche pour avancer les pages



♦ L'Afrique en noir et blanc du fleuve Niger au golfe de Guinée (1887-1892)
Louis Gustave Binger Explorateur
Voir ici le document en PDf  (nombreuses photos et plaques de l'exposition, extrait du livre)


                               
  L'année 2009 vit la réalisation d'un ambitieux projet d'exposition conçu par le Musée d'art et d'histoire Louis-Senlecq à l'Isle-Adam consacré à Louis-Gustave Binger auquel nous avons travaillé plusieurs années. Cette exposition, à laquelle les Archives nationales d'outre-mer apportèrent leur concours, comprenait des croquis réalisés par Binger au Soudan (1887-1888) ainsi que de nombreuses photographies prises à l'est de la Côte d'Ivoire par le reporter Marcel Monnier qui accompagna l'explorateur dans sa mission de délimitation de la frontière de la Gold Coast.( Ghana)  Elle présentait aussi des objets d'art africains provenant des régions traversées ainsi que des objets personnels de Binger et de Monnier.En 2010, I&M convoya la partie iconographique de l'exposition qui fut présentée d'abord au Mali, au Musée de Bamako en avril et mai, puis au Musée des Civilisations de Côte d'Ivoire à Abidjan, de mi-octobre à mi-novembre.

Louis Gustave Binger, officier et explorateur

Louis Gustave Binger naquit le 14 octobre 1856, à Strasbourg, quatrième enfant d’une famille alsacienne de vieille souche. Pour éviter d’être reconnu allemand, il se fit enregistrer comme Français. Il quitta en 1873 l’Alsace allemande et s’installa à Sedan. Le jour de ses dix-huit ans, il s’engagea dans l’armée pour cinq ans et fut affecté à Rouen dans un bataillon de chasseurs à pied. Bien noté, il fut détaché en 1879 au camp d’Arvord pour y préparer son brevet d’officier. Il rejoignit ensuite le quatrième régiment d’infanterie de marine à Toulon. 

Peu après, il répondit à un appel à volontaires pour encadrer des disciplinaires au Sénégal. Il y rencontra le commandant Dodds et le suivit dans son expédition militaire en Casamance. Il participa ensuite à la campagne du Cayor. 

De retour à Toulon, en janvier 1884, il retrouva son ancien corps. Peu de temps après, il fut affecté à une mission topographique pour la construction du chemin de fer de Kayes à Bamako. De retour à Paris en décembre 1885, il publia son premier ouvrage "Les voies commerciales du Soudan occidental

Grâce aux interventions de Faidherbe et d’Hanotaux, Binger obtint une nouvelle mission pour explorer la boucle du Niger. Il embarqua à Bordeaux en février 1887. De Bamako, il prit la route de Sikasso, y rencontra Samory qui assiégeait la forteresse de Tièba, puis se rendit à Kong où il s’entretint avec le roi Karamokho-Ouélé avant de prendre la route de Ouagadougou (par Bobo) où il fut reçu par le Naba du Mossi. Il s’en retourna à Kong via Salaga et Bondoukou. 

A Kong, il trouva Marcel Treich-Lapleine avec qui il prit la route de Bassam. 

En décembre 1891, Binger se vit confier la mission de délimitation de la frontière de la Côte d’Ivoire et de la Gold Coast. Celle-ci s’acheva en juillet 1892.

Le 10 mars 1893 fut signé le décret de création de la nouvelle colonie de Côte d’Ivoire. 

 Binger en devint le  premier gouverneur. En 1896, des problèmes de santé ne lui permirent plus de rester dans la colonie. Après une brève convalescence,il fut nommé directeur des Affaires d’Afrique au Ministère des Colonies jusqu’à sa retraite, en 1907. Gustave Binger décéda le 10 novembre 1936 en son domicile de L’Isle-Adam.
La Mission Binger-Braulot, en bref...
Le 10 janvier 1891, après seize jours de voyage, la mission Binger-Braulot s’arrêta devant Grand-Bassam. Monnier y fut impressionné par la modestie et la précarité de l’installation des Français. Le lendemain, le Stamboul mouillait devant Assinie où la mission passa la barre et accosta avec l’aide de baleinières conduites par des pêcheurs lagunaires kroumen. Quatre heures de va- et- vient furent nécessaires au débarquement de deux cent quarante colis. 
Dans le village d’Assinie qui  comptait quatre mille habitants dont dix Européens, Binger, les lieutenants Braulot et Gay, Monnier et le docteur Crozat qui constituaient la mission durent attendre quelques semaines que les commissaires anglais arrivent dans la région. 
Ils en profitèrent pour rendre visite à Arthur Verdier, directeur  de la plantation caféière d’Élima et à Aka Simadou, roi du Sanwi, demeurant à Krinjabo, un grand village de plus de cinq mille habitants sur la rive gauche de la rivière Bia. Cela devait permettre à la mission de recruter les porteurs dont elle aura besoin pour son voyage. C’est à la demande d’Aka Simadou lui-même que Monnier prit plusieurs clichés du roi et de sa cour. Quelques jours après, la mission rentra à Assinie accompagnée des chefs  Azémia, Assankrou et Kabranka désignés par le roi pour l’assister dans son voyage. 
Grand Bassam et Élima donnèrent lieu à une vingtaine de clichés dont celui de Binger devant la fameuse Factorerie Verdier. 
De Krinjabo, ce sont soixante douze prises de vue que Monnier rapporta. Celles représentant le roi, sa famille et sa cour, ont un intérêt indéniable pour les descendants et pour la mémoire du pays. Une fois à Assinie, la mission apprit que l’arrivée des commissaires anglais était prévue le 29 janvier au village côtier d’Afforénou. Elle partit le jour même pour les rejoindre. Là, il fut décidé de se retrouver à Nougoua, la frontière qui devait être tracée entre les deux villages correspondant au cours du Tanoé. La mission s’embarqua alors sur la lagune Tendo pour entrer le lendemain dans le Tanoé. 
Elle accosta en pleine nuit près d’Elléna après bien des difficultés. La mission arriva enfin le 3 février à Nougoua et retrouva le lendemain son homologue britannique.
Après avoir quitté Nougoua, la mission s’arrêta deux jours au village de N’Gakin, sur la route d’Attiébentékrou.

La commission franco britannique se rencontra pour la première  fois à Nougoua (Sanwi, voir carte) où elle connut son premier  échec, les deux parties revendiquant la possession de ce village.
Une semaine ne suffit pas à régler ce litige et les deux missions prirent le parti d’y laisser chacune un détachement. Elles reprirent donc la route vers le nord pour se retrouver au village d’Attiébentékrou, dans l’Indénié, où elles devaient confronter leurs observations pour décider du tracé de la frontière. Anglais et Français devaient voyager dans leurs possessions respectives, les premiers en pays ashanti, les seconds dans le Sanwi et l’Indénié.
La mission française se divisa en trois. Gay resta à Nougoua, le lieutenant Braulot et le docteur Crozat prirent la route d’Édoubi alors que Binger et Monnier passèrent par Alancabo en relevant les villages de la frontière appartenant au Sanwi. A Attiébentékrou, la commission franco-britannique connut un second et dernier échec. La mission française continua ensuite sa route vers Bondoukou, puis Kong avant de redescendre vers l’Atlantique, en longeant le pays baoulé, à l’est, avant de s’embarquer sur la Comoé.
Le litige prit fin lors de la convention franco anglaise de délimitation de la frontière entre la Côte d’Ivoire et la Gold Coast qui fut conclue le 12 juillet 1892.
Stéphane Richemond