11 juin 2013

Le Lion et le lapin



                Une fable prophetique sur la Côte d'Ivoire

Le Lion en Afrique est le Maitre des Maitres.
Un  beau jour, il s’assit et convoqua sa cour :
Si je veux déléguer, je me dois de connaitre
Qui dans le pays pourra agir un jour 

 Une course au pouvoir, j’organiserais 
A la fin de quoi, sans doute j'aviserais           
Il n’est en rien question de rapidité                      
Seules manière et forme devront être jugées

Roulement de tambour, tous se précipitent !
Cohue fatale pour  beaucoup d’intrépides,
Le chemin est étroit, la porte est difficile
Mais chacun se voit  roi,  la victoire facile

Un lapin, du départ, semblait n’avoir pas bougé
A l’ombre du grand Arbre, ses yeux observaient
Quel animal craintif ce lapin, sait-il sauter ?
Qu’attend-il disait-on, qu’on vienne le chercher ?

Le serpent est parti longtemps avant les autres

Tenir la distance n’est pas chose facile
Ayant peu de force, œil vitreux, corps gracile
A droite et à gauche, fait alliance où il peut

 Le Trône est pour moi : dit-il,  et je vais m’y lover  
 Encore faudrait-il Hippopotame déloger
Par ruse et par mensonge, je vais y arriver
Une troupe de Hyènes je me suis attaché

Piller, voler, tuer, à vrai dire que m’importe
Ils peuvent tous mourir, pourvu que j’ai mon trône
Que le vent me saisisse et que la mort m’emporte
Si  à un seul  gueux, je fais la moindre aumône 

Arrivé prestement au dernier  bout de course       
Flânant de-ci-delà, Guépard veut chasser,
L’odeur du sang se répand dans la brousse 
J’en mangerais encore, un ou deux vont bien passer

Dame Vache toute excitée, voyant le guépard
S’enhardit à la vue de cette  viande à manger 
Je forcerais ma nature, en son cœur, disait elle
Peut être encore un peu et puis j’aurai des ailes !

L’ hippopotame baignait, maitre des marécages

Assuré de son droit, pataugeant sans ambages
Je suis ici chez moi , qu’ils se dévorent donc
Mais un piège subtil se referma au gong

Oubliant qu’est putride la verte eau des marais,

Ni pire ni meilleur, à vrai dire il n’était
De tout on l’accusa, du meilleur et du pire,
Pourtant de tout cela, il n’y avait rien à dire.

Le cochon trottinait, ne laissant rien tomber

Ramassant les déchets par les autres laissés
J’arriverais aussi, malgré mon très vieil âge
 A prendre un morceau, en cadeau,  au partage

Les oiseaux suivaient l’action de branches en branches
,  
Chacun son champion, espérant la revanche
Donnant aux plus crédules, fausses informations
La critique fait toujours mauvaise partition

Du peuple beaucoup partirent ventre à terre
Chaque jour qui passait n’était que vraie galère
Par les méchants un grand nombre furent saisis
On vivait chaque instant au péril de sa vie

De sa petite hauteur,
 observant tout ceci
Le lapin prés du maître lui parla comme il suit :

Seigneur tu as tout vu, voici  le résultat
                  
Le cœur de chacun est mauvais, s’il ne t’a             
Sans toi, nul ne peut accomplir bel ouvrage            
Mais celui qui n’a rien, se cache à ton ombrage 

Gouverner un pays n’est pas mât de cocagne
Le danger peut surgir même en rase campagne 
Je n’irais nulle part, si tu n’es avec moi 
Où tu iras j’irai, seulement avec Toi.

Gouverner un pays c’est responsabilité
Et justice et sagesse et amour d’équité;
Il faut donner sa vie, bien plus que des largesses 
Avoir un cœur aimant pour ceux dans la détresse 

Le temps arrivé,
la Trompette sonna
Feux , grêles et vents, le tonnerre gronda,
Certains saisis d’effrois regardaient leur voisin
 Mais le Lion se leva en étendant la main                      

Le Maitre se dressa, la terre fut ébranlée  
Pas un être debout, ils ne pouvaient rester
Courant dans tous les sens, cherchant à se cacher
Terrible jugement sur eux allait tomber

Je vous ai observé, mesuré et pesé

En vous tout est léger sauf la méchanceté !
Pour un peu de pouvoir et pour quelques diamants,
Vous ôtiez même aux faibles son dernier aliment
 
Relâcher les prisonniers et mettez à leur place
Ceux qui disaient : je tue,  je mange et je fracasse
Je rendrais à chacun ce qu’il a dans le cœur  
Que cela soit  le pire, ou alors le meilleur   

En effet, tel est pris celui qui croyait prendre 
Ne vous l’ai-je pas dit en d’autres temps obscurs? 
Cœurs sans charité qui ne voulez comprendre,  
Votre sang plein de haine vous a rendu trop durs.

D’une main ferme,
 avec autorité     
Le Maitre éleva le petit lapin caché
Le dernier à partir,  le Premier arrivé
Car où était son Seigneur, lui aussi il était
Samedi 08 Juin 2013
Esther