21 juin 2013

Une Vie " transfigurée"...


JESUS PRIT AVEC LUI PIERRE, JACQUES ET JEAN...ET IL FUT TRANSFIGURE DEVANT EUX... (Mt 17:2)

De toutes les manifestations de Jésus à ses disciples, la transfiguration reste la plus admirable des théophanies. En effet, Jésus, dont la Bible dit qu'il n'avait rien pour attirer les regards, coutumièrement vêtu d'une tunique de même couture, ce Dieu fait homme, d'apparence humble et banal, révéla sur une montagne, la magnificence de sa gloire. Le banal Jésus fut changé, métamorphosé, en un Jésus glorieux et la Bible même dit que son visage resplendissait comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière (Mt 17 :2). 
Les disciples qui assistaient à cette manifestation eurent conscience de la réelle nature et la réelle identité divine, majestueuse et inqualifiable en langages humain de leur Maître. Mais la Bible dit qu'avant de manifester sa gloire sur la montagne, Jésus prit avec Lui Pierre, Jacques et Jean.

Nous adorons un Dieu dont chaque parole et chaque acte sont non seulement empreints de sagesse profonde, de mystères parfois, mais aussi sont porteurs de sens et de pédagogie à l’endroit de notre foi. 
Rien, absolument rien dans la vie de Jésus n’est fortuit, superflu, désordre et improvisation, mais toute la somme de sa vie est en harmonie avec un projet précis, celui que chaque acte de son séjour parmi les hommes suive et serve l’agenda du Père : ainsi dans Matthieu 21 :12, après que Jésus soit accueilli en triomphe en entrant dans Jérusalem, Il ne se laisse ni griser ni distraire par la gloriole en faisant un tour d’honneur ou de parade dans la ville, la Bible dit que directement, Il « entra dans le temple de Dieu ». 
Quand il rencontre Matthieu (Matt 9 :9), Il ne fait pas de longs discours pour exposer sa vision à quelqu’un qui ne le voit que la première fois, Il dit simplement et uniquement : « suis-Moi » ; quand les messagers de Marthe et de Marie vinrent à Lui pour le prier de venir instamment auprès de son ami Lazare malade, Jésus ne répond que deux jours plus tard (Luc 11 :6), après le « pourrissement de la situation » qui devait en être ainsi pour qu’éclate la gloire de Dieu. 
Aussi, en prenant Pierre, Jacques et Jean comme seuls accompagnateurs au milieu des douze disciples à la montagne de la transfiguration, sommes-nous invités à méditer sur cette « discrimination choisie et intentionnelle » de Jésus.

Le projet principal de Dieu pour nos vies c’est de se faire connaître à nous tel qu’Il est à travers le processus de notre marche avec Lui. Sur la montagne de la transfiguration, le Jésus en chair fit place au Jésus glorifié. Il prit la forme et la nature de l’esprit du Jésus qui abandonna sur le bois la chair crucifiée, nous invitant à  faire de même.  Et la Bible dit que quand les disciples qu’ils prirent avec Lui le virent ainsi, transfiguré, Pierre fut tellement exalté qu’Il désira ne plus jamais quitter cette gloire : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici… » (Mat 17 :4). 

La réelle révélation de Jésus à nos cœurs ne fait pas sortir de sa présence, elle ne mène pas à abandonner la foi et à retourner dans le monde, elle est toute notre vie chrétienne durant,  attractive à Lui, même au travers des épreuves. C’est à ce même Pierre, recevant par L’Esprit l’identité réelle du Messie que Jésus dit : « tu es heureux Simon, fils de Jonas car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela mais c’est Mon Père qui est dans les cieux » (Matt 16 :17). Jésus ne dit pas à Simon qu’il est heureux d’abord parce que celui-ci possède des biens matériels ou de l’argent mais parce que celui-ci possède la connaissance de l’identité réelle de Jésus. Le bonheur, tout le besoin de plénitude de notre être se trouve accompli et assouvi dans la connaissance de Christ, de Christ révélé. C’est ce que Paul a compris et désiré quand il dit : « je regarde toutes choses anciennes comme de la boue à cause de l’excellence de la connaissance de Christ » (Phil 3 :8). 

Beaucoup de vies chrétiennes sont fades, parce qu’elles n’ont pas le « sel » de Christ transfiguré. Nombreux sont ceux qui mangent à la table du Roi mais qui ne vivent pas de relation fusionnelle avec Lui, nombreux sont ceux qui passent par des épreuves et autres tribulations et qui y restent, nombreux sont ceux qui murmurent parce qu’ils ont toujours marché avec un Jésus banal et ordinaire et non un Jésus de la montagne, transfiguré. Et pour combler ce déficit en nous, pour expérimenter Christ transfiguré, nous avons besoin de prendre avec nous Pierre, Jacques et Jean.

1. PIERRE était un apôtre caractérisé par la FOI. Sa vie s’associe et se résume à la FOI. Cette foi au travers de laquelle Dieu accomplissait de grands prodiges au travers de sa vie au point où la Bible dit que même son ombre guérissait les malades. PIERRE est le résultat ou la conséquence de "SIMON"; cet homme peureux, instable, qui eut peur de révéler son identité de disciple pour ne pas mourir. Mais plus tard dans Actes 2 :12, Simon devient PIERRE, un homme déterminé, un homme audacieux qui savait désormais en qui Il avait cru, Jésus le ressuscité qu’il n’avait plus peur d’annoncer à des multitudes. 
Pour parvenir à la connaissance transfigurée de Christ, nous avons besoin de PIERRE, de stabilité et de FOI dans notre marche avec Dieu et non une chrétienneté vacillante et de doutes. Car la Bible dit que sans la foi, personne ne peut lui plaire (Hb 11 :6). C’est la FOI qui ouvre les yeux de nos cœurs sur ce que La Parole nous dit de Dieu et nous le fait connaître comme tel. Par le moyen de la foi, Christ n’est plus un nom, il devient une réalité vivante. Cette foi qui prend sa source dans la connaissance révélée, transfigurée de Christ, ne peut pas être défaitiste, elle ne peut pas subir la reculade, elle est toujours dynamique, prête à affronter tous les défis parce qu’elle sait en qui elle a cru

Dans le livre de Marc 2 :1-12, un paralytique fut porté par quatre de ses amis vers le lieu où Christ exerçait le ministère. Le problème pour nos valeureux samaritains est que la porte était obstruée par une foule compacte de gens. Au lieu de passer par la porte, ils décidèrent de passer par le toit. Ils avaient avec eux une situation difficile, « paralysante », mais la solution de « la porte », la solution du lieu où tout le monde passe, la solution de la foi conventionnelle, commune et classique, la solution de la foi du « Jésus banal », de la foi ordinaire et qui tient compte de la foule, ne menait qu’à un obstacle. 
Ils activèrent alors la « foi du toit » (encore ici l’omniprésence de l’idée de hauteur montagne, toit) qui est une démonstration et une responsabilisation individuelle de la foi qui découle de la connaissance de Christ transfiguré, pour creuser et faire descendre leur malade. Jésus n’avait peut-être pas dans son agenda ce jour-là un rendez-vous spécial pour eux, mais ils se sont insérés par audace, dans le programme de Celui en qui tout est « oui et amen ! » (Ap 1 :7). Et voici le résultat final de la foi dans le Christ transfiguré : le malade « se leva, prit son lit et sortit en présence de tout le monde de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement  (le même étonnement et la même exaltation qu’ont eu Pierre, Jacques et Jean quand ils virent Christ métamorphosé sur la montagne)». Le malade était entré par « le toit » et il en ressortit, guéri, par « la porte » ! 
PIERRE avec nous nous permet de « voir » Christ tel qu’il est et tel qu’Il est capable d’agir pour nos vies et dans nos vies. Mais en plus de PIERRE nous avons besoin de prendre aussi « JACQUES ».

2. JACQUES fut le chef, le leader de l'Eglise de Jérusalem au temps de l'Eglise primitive. A l’étude de la biographie de Jacques, on découvre que l’un des traits caractéristiques et majeurs de sa vie est qu’il était un homme de prière. L'histoire raconte en effet qu'il priait tellement, qu’il était si habitué à être à genoux que ceux-ci devinrent aussi durs que les sabots d'un chameau. 
Faisons une parenthèse pour demander à Dieu de nous donner, surtout en Afrique, des leaders, des chefs d'Etat de prières dont les actions résultent de leur vie à genoux devant Dieu plus que de pensées et d'actions d'effusion de sang ! Refermons la parenthèse...

La prière est à notre esprit ce que l’oxygène est à notre corps. Sans "JACQUES", sans la prière, sans la VIE de prière, nous nous asphyxions spirituellement et par conséquent mourons aussi spirituellement. Le jour où Adam et Eve mangèrent le fruit défendu, la communion avec Dieu fut rompu et bien que vivants physiquement, ils étaient morts spirituellement du fait de cette rupture.
 Le manque de prière opère une rupture dans cette chaîne de vie avec Christ et nous expose à la mort dans l’esprit et à la vulnérabilité.  Car par le moyen de la prière nous entrons en communion avec Celui qui est la vie en permettant à cette vie de couler en nous. Dans le jardin de Gethsémanée, devant l’épreuve de la croix, Jésus commença à éprouver de la tristesse et de l’angoisse mais c’est par la prière qu’il fut fortifié et fut prêt à affronter la coupe de douleurs : c’est par « JACQUES », par la prière, que nous pouvons faire face aux épreuves les plus terribles et en sortir vainqueur. 

C’est à l’heure de la persécution, de la tribulation, de l’épreuve, que Simon et les autres disciples dormaient. Au lieu de prendre « JACQUES » avec eux pour être fortifiés, ils se laissèrent assoupir. C’est pourquoi quand Judas, le souverain sacrificateur vinrent dans le jardin chercher Jésus ils fuirent et se dispersèrent quand Jésus les affronta avec calme et ténacité. La Bible dit « réveille-toi,  toi qui dors, réveille-toi d’entre les morts, et Christ t’éclairera » (Eph 5 :14). 
C’est par la prière que nous pouvons repousser les assauts de la chair et de ses passions et les soumettre captifs à l’obéissance de Christ : « veillez et priez afin que vous ne tombiez pas dans la tentation… » (Matthieu 26 :41). Les disciples étaient dans la chambre haute louant et priant quand des langues de feu descendirent sur eux et ils furent remplis de puissance : c’est par « JACQUES », par la prière que nous accédons à la puissance de Dieu, que nous la manifestons.

 Combien, à l’heure où l’apostasie et l’hérésie frappent aux portes de nos églises et s’installent parfois avec effronterie sur nos chaires pour répandre des doctrines de Baal, avons- nous besoin de « JACQUES » dans nos communautés pour invoquer le feu de l’autel authentique de Dieu pour réveiller le peuple de Dieu et repousser hors des frontières de l’Eglise tout ce qui ne confesse pas Christ !
 Sur la montagne, lorsque Christ fut transfiguré, la Bible dit qu’en plus de Moïse, Elie aussi apparut et ils s’entretinrent avec Jésus (Mat 17 :3). Or Moïse et Eli sont deux modèles parfaits d’intercesseurs, d’hommes de prières qui réussirent à détourner le cours des choses à genoux.
 Combien avons-nous besoin de « JACQUES » pour intercéder et faire détourner le cours de l’histoire économique, politique et social des nations en faveur des plans divins  L’Eglise est en guerre contre Satan et son royaume dans son opposition contre les desseins de Dieu pour nos nations, pour nos vies et pour l’humanité : c’est par « JACQUES », à genoux, que nous pouvons mener l’offensive et vaincre, sachant que « les armes avec lesquelles nous combattons ne sont pas charnelles mais elles sont puissantes par la vertu de Dieu pour renverser des forteresses » (2 Cor 10 :4). 

L’Eglise aujourd’hui, a plus que jamais besoin de « JACQUES » car nous sommes à l’époque de la fin des temps et l’une des caractéristiques que Jésus a donné de cette fin est qu’elle sera difficile, que l’amour (et aussi la foi) de plusieurs refroidira et l’iniquité s’accroîtra (Matt 24 :12). Nous vivons déjà ces temps avec la législation sur la loi du genre   dans de nombreux pays. Mais Jésus dit : « celui qui vaincra je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu et il n’en sortira plus » (Ap3 :3)

. Ceux qui vaincront dans cette époque sont ceux qui prendront avec eux « JACQUES », la prière. Enfin en plus de PIERRE et de JACQUES sur la montagne de la transfiguration, là où nous voyons Jésus tel qu’Il est, nous avons besoin de « JEAN ».

3. JEAN est l'expression de l'Amour car il était le disciple qui était le plus proche et le plus aimé de Christ (Jean 21 :20-24). C’est cette proximité avec Jean qui a emmené Jésus sur la croix à lui confier sa mère. Dans la pensée de Dieu, l’amour n’est pas un sentiment, il est une vie, une nature : Dieu EST Amour (1 Jn 4 :8). Et l’un des premiers commandements dit « tu aimeras ton prochain comme toi-même ». 
 Ce passage révèle un fait : la plupart du temps, quand nous évoquons le thème de l’amour, nous l’entrevoyons tout de suite dans la dynamique des relations inter personnelles. Non, cette relation-là de l’amour du prochain, bibliquement, est une conséquence ou une suite de l’amour de soi même d’abord : c’est ce qu’on est à l’intérieur qu’on manifeste à l’extérieur. 

L’amour pour le prochain est vrai quand il a été vrai pour soi même. Et ce n’est pas fortuit que ce commandement soit parmi les premiers, il manifeste le désir de Dieu, qu’en tout, qu’avant tout, nous devons porter sur nous-mêmes le regard que Dieu a sur nous, celui de l’amour, même avec nos défauts. 
Or plusieurs dans l’église ne s’aiment pas eux-mêmes et donc manifestent un amour faux, hypocrite aux autres. La Bible dit « quand je distribuerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres (autrement dit, quand je mettrais tout mon zèle à manifester l’amour extérieur aux autres) quand je livrerai même mon corps…si je n’ai pas l’amour (de moi-même que je dois donner à autrui), cela ne me sert de rien… » (1 Cor13 :3).
 Plusieurs ne s’aiment pas parce qu’ils refusent de se pardonner à eux-mêmes et demeurent dans la culpabilité et l’amertume, sous le joug d’un jugement qui n’est pas de Christ. 
Plusieurs ne sont pas libres parce qu’ils refusent leur différence aux autres et s’emprisonnent dans la dépendance émotionnelle et le complexe. Or c’est à la liberté que Christ nous a appelés (Gal 5 :1). Parce que liberté et amour évoluent toujours dans une symbiose dynamique.  
Certains haïssent même leur personne physique, se trouvant trop noir(e), trop grand(e), trop filiforme…Or il est écrit que celui qui hait est un meurtrier (Jn 3 :15).

Du coup, plusieurs vivent des vies suicidaires parce qu’ils n’ont  pas la vérité de Dieu pour eux en tant qu’individus et en tant que particularités. Nous avons ainsi besoin de « JEAN » pour dire comme David, reconnaissant à Dieu pour la créature qu’il est et qu’il aime lui-même : « Je te loue (Eternel) de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien » (Ps 139 :14). 

 Le monde a besoin de l’amour du Père manifesté dans l’Eglise. Et L’Eglise a besoin de s’aimer elle-même pour aimer le monde en vérité. C’est cet amour, c’est ce « JEAN » qui pourra aussi être témoin de Christ transfiguré.
Nous sommes invités à aller en eau profonde, à quitter la vallée où nous voyons un Jésus en simple tunique et à monter sur la montagne pour le voir transfiguré, dans sa nature et dans son identité réelles afin de vivre aussi une vie chrétienne transfigurée. Montons à cette montagne et prenons avec PIERRE, JACQUES et JEAN car la Bible dit que Christ c’est devant eux qu’il fut transfiguré.
Grâces et paix en Jésus-Christ sur chacune et chacun de vous !

Hervé Coulibaly


11 juin 2013

Le Lion et le lapin



                Une fable prophetique sur la Côte d'Ivoire

Le Lion en Afrique est le Maitre des Maitres.
Un  beau jour, il s’assit et convoqua sa cour :
Si je veux déléguer, je me dois de connaitre
Qui dans le pays pourra agir un jour 

 Une course au pouvoir, j’organiserais 
A la fin de quoi, sans doute j'aviserais           
Il n’est en rien question de rapidité                      
Seules manière et forme devront être jugées

Roulement de tambour, tous se précipitent !
Cohue fatale pour  beaucoup d’intrépides,
Le chemin est étroit, la porte est difficile
Mais chacun se voit  roi,  la victoire facile

Un lapin, du départ, semblait n’avoir pas bougé
A l’ombre du grand Arbre, ses yeux observaient
Quel animal craintif ce lapin, sait-il sauter ?
Qu’attend-il disait-on, qu’on vienne le chercher ?

Le serpent est parti longtemps avant les autres

Tenir la distance n’est pas chose facile
Ayant peu de force, œil vitreux, corps gracile
A droite et à gauche, fait alliance où il peut

 Le Trône est pour moi : dit-il,  et je vais m’y lover  
 Encore faudrait-il Hippopotame déloger
Par ruse et par mensonge, je vais y arriver
Une troupe de Hyènes je me suis attaché

Piller, voler, tuer, à vrai dire que m’importe
Ils peuvent tous mourir, pourvu que j’ai mon trône
Que le vent me saisisse et que la mort m’emporte
Si  à un seul  gueux, je fais la moindre aumône 

Arrivé prestement au dernier  bout de course       
Flânant de-ci-delà, Guépard veut chasser,
L’odeur du sang se répand dans la brousse 
J’en mangerais encore, un ou deux vont bien passer

Dame Vache toute excitée, voyant le guépard
S’enhardit à la vue de cette  viande à manger 
Je forcerais ma nature, en son cœur, disait elle
Peut être encore un peu et puis j’aurai des ailes !

L’ hippopotame baignait, maitre des marécages

Assuré de son droit, pataugeant sans ambages
Je suis ici chez moi , qu’ils se dévorent donc
Mais un piège subtil se referma au gong

Oubliant qu’est putride la verte eau des marais,

Ni pire ni meilleur, à vrai dire il n’était
De tout on l’accusa, du meilleur et du pire,
Pourtant de tout cela, il n’y avait rien à dire.

Le cochon trottinait, ne laissant rien tomber

Ramassant les déchets par les autres laissés
J’arriverais aussi, malgré mon très vieil âge
 A prendre un morceau, en cadeau,  au partage

Les oiseaux suivaient l’action de branches en branches
,  
Chacun son champion, espérant la revanche
Donnant aux plus crédules, fausses informations
La critique fait toujours mauvaise partition

Du peuple beaucoup partirent ventre à terre
Chaque jour qui passait n’était que vraie galère
Par les méchants un grand nombre furent saisis
On vivait chaque instant au péril de sa vie

De sa petite hauteur,
 observant tout ceci
Le lapin prés du maître lui parla comme il suit :

Seigneur tu as tout vu, voici  le résultat
                  
Le cœur de chacun est mauvais, s’il ne t’a             
Sans toi, nul ne peut accomplir bel ouvrage            
Mais celui qui n’a rien, se cache à ton ombrage 

Gouverner un pays n’est pas mât de cocagne
Le danger peut surgir même en rase campagne 
Je n’irais nulle part, si tu n’es avec moi 
Où tu iras j’irai, seulement avec Toi.

Gouverner un pays c’est responsabilité
Et justice et sagesse et amour d’équité;
Il faut donner sa vie, bien plus que des largesses 
Avoir un cœur aimant pour ceux dans la détresse 

Le temps arrivé,
la Trompette sonna
Feux , grêles et vents, le tonnerre gronda,
Certains saisis d’effrois regardaient leur voisin
 Mais le Lion se leva en étendant la main                      

Le Maitre se dressa, la terre fut ébranlée  
Pas un être debout, ils ne pouvaient rester
Courant dans tous les sens, cherchant à se cacher
Terrible jugement sur eux allait tomber

Je vous ai observé, mesuré et pesé

En vous tout est léger sauf la méchanceté !
Pour un peu de pouvoir et pour quelques diamants,
Vous ôtiez même aux faibles son dernier aliment
 
Relâcher les prisonniers et mettez à leur place
Ceux qui disaient : je tue,  je mange et je fracasse
Je rendrais à chacun ce qu’il a dans le cœur  
Que cela soit  le pire, ou alors le meilleur   

En effet, tel est pris celui qui croyait prendre 
Ne vous l’ai-je pas dit en d’autres temps obscurs? 
Cœurs sans charité qui ne voulez comprendre,  
Votre sang plein de haine vous a rendu trop durs.

D’une main ferme,
 avec autorité     
Le Maitre éleva le petit lapin caché
Le dernier à partir,  le Premier arrivé
Car où était son Seigneur, lui aussi il était
Samedi 08 Juin 2013
Esther


04 juin 2013

Le Jubilé de Dieu pour l'Afrique !


                                
             "Publiez une année de grâce" pour la Côte d'Ivoire et l'Afrique !"
       
26 Mai 2013
Le samedi 25 mai 2013 l’Union Africaine a célébré l'année du cinquantenaire ( Jubilé) de sa naissance crée le 25 Mai  1963 invitant  chaque pays du continent à faire de même .  Je me suis souvenue alors de la vision et de  la parole  reçues, lors de mes 50 ans en 2005;  le Seigneur m’avait annoncé un Jubilé tel que décrit en  Lévitique 25 pour ma vie et pour l’Afrique 

.Je voyais" une foule immense d’Africains dans une nuit noire, les bras levés vers Dieu." Puis le Seigneur me dit Maintenant je me lève et j’apporte le salut à ceux contre qui l’on souffle. Ps 12/6 et « Voici ton peuple » ..C'est à ce moment là que  j'ai compris une autre parole qu'il m'avait donné en 1992 : "Ecoute ma fille, vois et prête l'oreille; oublie ton peuple et la maison de ton père.."
C’est la première fois que le Seigneur liait autant ma vie et aussi fort à ce continent, à ma grande surprise.
Au vu de ce qui précède,  je ne peux m’empêcher de penser que l’Année de  Jubilé proclamée par l’Afrique serait reliée au JUBILE de DIEU promis : » Une année de grâce de l'Éternel, et un jour de vengeance de notre Dieu « et que par conséquent nous pouvons nous attendre à une puissante manifestation de Dieu sur ce continent,  dont la Côte d’Ivoire est la «  porte ». 
 L'esprit du Seigneur, l'Éternel, est sur moi, car l'Éternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux ; Il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la liberté, et aux prisonniers la délivrance ;Pour proclamer l'année de la bienveillance de l'Éternel et le jour de la vengeance de notre Dieu ; pour consoler tous ceux qui sont dans le deuil Es 63/1-3
Au moment où j’allais publier ceci,  Lydie et Gilbert, un couple d’intercesseurs qui portent littéralement la Côte d’Ivoire « dans leurs entrailles » (Jer 31/20)  ont reçu dans le cœur en priant sur cet évènement,  cette  prière prophétique basée sur 1 Samuel 1/15 à 18  et qui va dans le même sens : 
"Afrique, en cette année de ton  JUBILE, que par la puissance du St Esprit, le visage de ce continent ne soit plus  jamais le même ! "
Deborah

Côte d’Ivoire, Afrique
Que ton visage ne soit plus jamais le même

1 Sam 1 : 15/18 Anne répondit: Non, mon seigneur, je suis une femme qui souffre en son cœur...mais je répandais mon âme devant l’Eternel. .. car c'est l'excès de ma douleur et de mon chagrin qui m'a fait parler jusqu'à présent. Eli reprit la parole, et dit: Va en paix, et que le Dieu d'Israël exauce la prière que tu lui as adressée! Elle dit: Que ta servante trouve grâce à tes yeux! Et cette femme s'en alla. Elle mangea, et son visage ne fut plus le même  
 Qu'en cette année du JUBILE, à l'image d’Anne, que désormais le visage de ce continent ne soit plus le même !

Côte d'Ivoire, Afrique, désormais que ton visage ne soit plus le même
Que l’Eternel des Armées te couvre du manteau de la délivrance,
Qu'il t'accorde maintenant et aujourd'hui UNE ANNEE DE GRÂCE,
Que ton JUBILE ne soit célébré ni par ta puissance, ni par ta force, ni par tes œuvres,
Que ton JUBILE le soit par la seule puissance du Saint Esprit,
Que s'ouvrent enfin sur toi les écluses des cieux et que se répande sur toi Sa GRÂCE
Afin que désormais ton visage ne soit plus jamais le même.

Côte d'Ivoire, Afrique, désormais que ton visage ne soit plus le même
Que ta tristesse se transforme en joie et en allégresse,
Qu’on entende à nouveau le chant de la fiancée et du fiancé,
Que ceux qui semaient en pleurant moissonnent en chantant,
Que les enfants puissent librement jouer dans tes rues, se rendre à l’école,
Que les ouvriers reçoivent leur salaire,
Que les portes d’airain et les verrous de fer soient brisés,
Que les portes des prisons s’ouvrent et les captifs soient libérés,

Côte d'Ivoire, Afrique, désormais que ton visage ne soit plus le même
Que les enfants retrouvent leur père et les pères leurs enfants,
Que les orphelins trouvent en l’Eternel un Père et que les veuves soient consolées,
Que la bannière de l’Eternel des Armées soit élevée et demeure sur toi,
Que les danses, instruments et chants retentissent à nouveau,
Que le vêtement de deuil soit transformé en vêtement de louange,
Que la justice, la droiture, l’équité, soient ta devise,
Que les yeux des aveugles voient clairement leur chemin,
Que les oreilles des sourds entendent ta voix leur parler,

Côte d'Ivoire, Afrique, désormais que ton visage ne soit plus le même
Que te soit rendu ce que les sauterelles t’ont volé,
Que les terres soient restituées afin d’être cultivées par leur propriétaire légal,
Que celui qui cultive la terre ou qui travaille puisse nourrir sa famille,
Que tu reçoives comme Elisée, une double portion 
afin de bénir en tant que pays choisi

Côte d'Ivoire, Afrique, en cette année de ton Jubilé 
Que par la puissance du St Esprit 
Ton visage ne soit plus le même
Lydie et Gilbert L.

























































   







03 juin 2013

Vérités historiques sur l'Etat d'Isaël


Une lettre datée du 6 Décembre 1967 passionnante où David Ben Gourion rétablit des vérités  historiques sur  l'Etat d'Israël et les rappelle au Général de Gaulle.

Monsieur le Président 

 C’est la troisième fois que je me permets de m’adresser à vous de ma propre initiative, car vous aviez, au terme de notre deuxième entretien le 17 juin 1960, exprimé le désir de garder un contact direct avec moi, et m’aviez prié de vous écrire lorsque j’en éprouverais la nécessité.

De plus, ayant quitté le gouvernement il y a quatre ans pour des raisons personnelles, je n’aurais pas osé vous déranger si nous ne nous étions revus cette année au cours des funérailles du Dr Adenauer dans la capitale de l’Allemagne de l’Ouest, et si nous n’avions eu, sur votre demande, un entretien amical et cordial, en dépit du fait que je ne suis plus aujourd’hui qu’un simple citoyen de l’État d’Israël. Enfin, je prends la liberté de vous écrire, car j’ai été troublé par votre discours dans lequel vous avez accordé une place importante à l’État d’Israël, au sionisme et au peuple juif. 
Il y avait dans ce discours quelques propos attristants et inquiétants, et comme je suis de ceux qui vous estiment et vous respectent depuis fort longtemps bien avant d’avoir eu l’honneur de vous rencontrer non pas pour votre amitié et votre aide à Israël pendant de longues années, mais pour le grand acte historique que vous avez accompli pendant et après la Seconde Guerre mondiale, en sauvant l’honneur et la position de la France à qui notre peuple et toutes les nations sont redevables depuis la Révolution française pour son action en faveur du progrès social et culturel de l’humanité, j’ai décidé de vous faire part de quelques remarques.C’est la troisième fois que je me permets de m’adresser à vous de ma propre initiative, car vous aviez, au terme de notre deuxième entretien le 17 juin 1960, exprimé le désir de garder un contact direct avec moi, et m’aviez prié de vous écrire lorsque j’en éprouverais la nécessité.

Je me suis abstenu d’adhérer à la critique injuste formulée par de nombreuses personnes en France, en Israël et dans d’autres pays qui, je pense, n’ont pas examiné vos propos avec tout le sérieux requis. Je ne considère pas avoir le droit de discuter vos opinions sur la politique française à l’égard des autres pays dont Israël si vous n’en faites pas vous-même la demande. Mais je sais que d’innombrables personnes dans le monde chrétien ne connaissent ni ne comprennent l’essence même du judaïsme, unique et sans précédent dans l’histoire de l’humanité, depuis l’antiquité et jusqu’à nos jours. Par respect et estime pour vous, Monsieur le Président, je me vois dans l’obligation morale envers mon peuple, envers vous et le peuple français qui nous a tant aidés avant et depuis la renaissance de l’État juif, d’insister sur les intentions réelles et la voie choisie par l’État d’Israël. J’ai, pendant quinze ans depuis la création de l’État, été le Premier ministre et le ministre de la Défense, et ai pris une part active dans l’orientation de notre politique étrangère et de défense. Et, avant la création de l’État, j’ai, en tant que président du Comité directeur de l’Organisation sioniste à Jérusalem, agi pendant quinze ans de façon parfois décisive sur la politique sioniste en faveur de l’État.

Nous étions, dans l’Antiquité, le premier peuple monothéiste du monde, et cette foi en un seul Dieu, qui n’était ni comprise ni acceptée par tous les autres peuples à quelques exceptions près, nous a causé de grandes souffrances. Les Grecs disaient de nous que nous sommes un « peuple sans Dieu », puisque nous n’avions aucune idole dans nos villes et agglomérations. Les Romains nous accusaient d’être paresseux, car nous nous reposions un jour par semaine. Inutile de mentionner ici ce que dirent de nous de nombreux chrétiens lorsque le christianisme s’imposa dans l’empire romain, et que les Juifs refusèrent d’adhérer à cette religion née en Palestine, au sein même du peuple juif. Notre indépendance dans notre patrie fut anéantie à deux reprises. Jérusalem fut totalement détruite par le vainqueur romain, et son nom fut même effacé pendant longtemps. Mais nos ancêtres, captifs à Babylone il y a près de 2 500 ans, pleuraient sur les bords des fleuves en se souvenant de Sion (psaume 137), et s’étaient juré : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie ! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie ». Et ils demeurèrent fidèles à leur serment. 

Tout ceci eut lieu bien avant l’existence de Paris, de Londres ou de Moscou. Vous savez aussi bien que moi que de nombreux peuples adoptèrent le christianisme et ensuite l’islam par contrainte. On essaya aussi de faire pression sur nous, et certains Juifs qui ne purent ou n’osèrent s’opposer, se soumirent. Mais notre peuple dans son ensemble résista, et vous savez certainement ce qui nous arriva en Espagne et pas là seulement au XIe siècle. Je ne connais aucun peuple qui fut chassé de son pays, dispersé parmi toutes les nations du monde, haï et persécuté, poursuivi et massacré rien qu’au cours de notre génération six millions de Juifs furent assassinés par le régime nazi et qui ne disparut pas de l’Histoire, ne désespéra pas ni ne s’assimila, mais bien au contraire, aspira sans discontinuer à retourner dans son pays, continua pendant deux mille ans à avoir foi en sa rédemption messianique, et retourna enfin de nos jours dans son pays pour y renouveler son indépendance. Aucun autre peuple dans ce pays qui, dans notre langue, s’appela toujours, après Chanaan, Eretz Israël (pays d’Israël) ne s’identifia totalement et toute sa vie durant à ce pays, bien que de nombreux peuples le conquirent (Egyptiens, Assyriens, Babyloniens, Perses, Grecs, Romains, Arabes, Seidjoukides, Croisés, Mamelouks, Ottomans, Britanniques et autres). Ce pays ne fut jamais la seule et unique patrie d’autres peuples que le peuple juif.

Je sais qu’il n’y a, dans l’histoire de l’humanité, aucun autre exemple d’un peuple qui revient dans son pays après 1800 ans ; c’est un fait unique en son genre, qui eut des répercussions tout au long de notre existence, car il n’existe aucune génération au cours de laquelle les Juifs n’essayèrent pas (bien qu’ils n’aient pas tous réussi) de retourner dans leur pays. Et le second fait est que le monde chrétien tout entier et la Société des Nations, formée presque entièrement de membres chrétiens, reconnurent le lien historique entre le peuple et le pays d’Israël et approuvèrent la déclaration de Balfour. Nous avons le témoignage d’une Commission royale britannique, à la tête de laquelle se trouvait Lord Peel, et envoyée en 1936 voir ce qui se passe en Palestine. Elle vérifia les documents et trouva qu’« il est clair que par les mots « établissement d’un foyer national en Palestine », le gouvernement de Sa Majesté reconnut qu’un État juif pouvait être rétabli avec le temps, mais qu’il n’était pas en son pouvoir de dire quand cela arriverait.

Le nom de Palestine comprenait les terres à la fois à l’ouest et à l’est du Jourdain, car tel était le pays juif au temps de Josué. Ce n’est qu’en 1922 que Winston Churchill, alors ministre des Colonies, exclut la Transjordanie de la Palestine qui devait devenir un « Foyer national » pour le peuple juif. Certains croient par erreur que c’est la tragédie du peuple juif au cours de la Seconde Guerre mondiale le massacre des six millions de Juifs européens qui amena le monde civilisé (y compris la Russie, car à la réunion de l’Assemblée des Nations Unies en mai 1947 au cours de laquelle cette question fut discutée, c’était le Russe Gromyko qui, le premier, exigea la création d’un État juif en Palestine) à demander l’établissement d’un État juif. Il n’est pas de plus grande erreur que celle-ci. L’extermination des six millions de Juifs fut la plus grande et la plus terrible des catastrophes qui s’abattit sur l’État dont les débuts remontent à 1870 : « Mikveh Israël », la première école agricole juive, fut fondée par les Juifs français de l’Alliance israélite universelle sous la présidence de Crémieux, ministre de la Justice du gouvernement provisoire après l’échec de Napoléon III.

L’immigration et l’installation juives en Palestine, dont le but était de renouveler l’indépendance juive, débutèrent en 1870, lorsque les habitants juifs du pays et les immigrants de Russie, de Roumanie et d’autres pays d’Europe (et même d’Asie et d’Afrique fondèrent les premières agglomérations agricoles qui devaient faire fleurir les déserts et aider à la création d’un État juif. Tout cela s’effectua bien avant l’existence d’un gouvernement « sioniste » et avant la fondation de l’Organisation sioniste mondiale par le docteur Herzl, qui publia en 1896 son « État juif » et devint le dirigeant de ladite organisation. Le lien entre le peuple et le pays d’Israël était si fort que lorsque Herzl dut abandonner l’espoir d’obtenir du sultan turc une charte pour une installation juive massive dans le pays (en vue de la création d’un État juif), et que Joseph Chamberlain du gouvernement britannique lui proposa l’Ouganda en Afrique proposition discutée au Congrès sioniste de 1904 ce furent précisément les Juifs de Russie (bien que leurs droits fussent limités et que le gouvernement organisât lui-même des persécutions contre les Juifs) qui s’opposèrent à l’échange et ôtèrent ladite proposition de l’ordre du jour.
Quant à moi, originaire de la Pologne russe, je suis arrivé en Palestine en 1906 lorsque ce pays faisait partie de l’Empire ottoman, et je n’avais pas l’ombre d’un doute que l’on pouvait y installer des millions de Juifs sur les deux rives du Jourdain, sans déposséder les Arabes de leurs terres, car moins de 10 % de la superficie du pays étaient alors habités. (1) J’ai travaillé moi-même dans les nouveaux villages qui n’étaient auparavant que déserts inhabités.


Lorsque la Société des nations ratifia la déclaration Balfour, je publiai, vers la fin de 1920, un mémoire dans lequel je mentionnais les frontières de la Palestine à l’ouest et à l’est du Jourdain, et que je fis parvenir au nom de Brit Poaléi Zion Haolami (Parti sioniste socialiste) au Parti travailliste britannique. Je disais que selon la déclaration de la Société des nations, il ne fallait résoudre le problème des frontières de la Palestine que pour faire du pays une entité économique et politique pour la création d’une communauté (Commonwealth) juive, et le Parti travailliste approuva cette position. Et, jusqu’en 1922, tout le pays était inclus dans le mandat en faveur d’un Foyer national. Mais, comme habitant du pays, je savais qu’il existait un problème arabe, car les Arabes en Palestine avaient des droits qu’il fallait leur préserver. En 1933, immédiatement après ma nomination au Comité directeur sioniste, je pris contact avec les dirigeants arabes du pays, du Liban et de la Syrie, musulmans et chrétiens.
 Deux principes fondamentaux guidèrent mes entretiens en 1934. Les Arabes possèdent des pays en Afrique du Nord de l’Egypte au Maroc et au Moyen-Orient Iraq, Syrie et Liban, jusqu’à l’Arabie Saoudite et au Yémen. La superficie des pays arabes en Afrique du Nord est de 8 195 964 kilomètres carrés, et au Moyen-Orient, elle est de 3 607 929, soit au total 11 863 873 kilomètres carrés. La population de ces pays (qui ont également des minorités chrétienne, kurde et berbère) est de 94 587 000 (en 1963). La superficie de la Palestine (Transjordanie comprise) est de 60 000 kilomètres carrés, et sa population (1963) est de 4 181 000 dont 2 356 000 en Israël et 1 825 000 en Jordanie.

Après certains éclaircissements, les deux principes énoncés furent approuvés par mes interlocuteurs : les Arabes ont d’énormes superficies en Asie orientale et en Afrique du Nord, dont la majorité sont encore sous domination étrangère, et habitées par des millions d’Arabes. La superficie de la Palestine ne dépasse pas 0,50 % de celle des pays arabes. La population arabe en Palestine (sur les deux rives du Jourdain) forme 1,5 % de la totalité des Arabes en Asie orientale et en Afrique du Nord.
Selon la conviction juive, enracinée dans l’histoire juive et dans la Bible, la Palestine (des deux rives du Jourdain) est le pays du peuple juif, mais ce pays n’est pas vide ; il est habité par des Arabes depuis la conquête arabe du VIe siècle, leur nombre s’élève maintenant à plus d’un million, soit un peu moins de 1,5 % de la population totale des pays arabes. Il est évident que ceux qui habitent la Palestine ont les mêmes droits que les habitants de tout pays démocratique, et l’État juif ne peut être qu’un pays démocratique.

Le premier dirigeant arabe avec lequel j’ai discuté était Aouni Abdoul Hadi, chef du parti « Istikial » (Indépendance) en Palestine. Je lui dis : « Nous aiderons tous les pays arabes à obtenir leur indépendance et à s’unir en une fédération arabe, si vous acceptez de nous donner la possibilité de transformer la Palestine des deux côtés du Jourdain en un État juif, qui adhérera en tant qu’État souverain à la fédération sémite (arabe et juive) ». Abdoul Hadi me demanda : « Combien de Juifs voulez-vous faire venir en Palestine ?». Je répondis : «En vingt ans (cela se passait en 1934)), nous pourrons faire venir quatre millions de Juifs ». Il se leva alors et me dit avec enthousiasme : « J’irai à Damas et à Bagdad et dirai à mes amis arabes : donnons-leur non pas quatre mais six millions, s’ils nous aident à obtenir l’indépendance et à nous unir ». Il se rassit et ajouta : « Mais vous, Juifs, êtes plus alertes et plus doués que nous. Si vous amenez le nombre de Juifs voulu, en une courte période, même en moins de vingt ans, quelle garantie nous donnerez-vous que les pays arabes se libéreront du joug étranger et pourront s’unir ? ».

Avant ces entretiens, j’avais discuté avec le haut commissaire britannique, homme intègre, et lui avais dit que j’allais entreprendre des discussions avec les dirigeants arabes ; de plus, je lui avais demandé si le gouvernement de Sa Majesté allait approuver l’accord qui interviendrait entre Juifs et Arabes. Il m’avait répondu : « Je n’ai jamais soulevé le problème avec le gouvernement, et ne puis donc répondre en son nom, mais je connais sa mentalité et suis convaincu qu’il approuva l’accord ». Je dis donc à Abdoul Hadi : « Je vous apporterai la garantie du gouvernement britannique ». Il répondit alors avec dédain : «Vous voulez que je fasse confiance à ces imposteurs ?. J’apporterai la garantie de la Société des nations ». Il réfléchit et dit : « Tous les membres de la Société des nations sont chrétiens, je ne puis croire en leur parole ». Je répondis alors : « Cher Monsieur, Aouni, je ne peux pas vous donner la garantie d’Allah ! ». Ainsi prit fin l’entretien. Des pourparlers principaux eurent lieu avec l’homme de confiance du moufti qui était considéré comme le dirigeant des Arabes de Palestine. Son nom Moussa Alami. D. était l’avocat en chef du gouvernement du mandat, et connu dans le pays comme un homme intègre et loyal. Nos conversations se poursuivirent pendant quelques mois, car il devait rendre compte au moufti et m’apporter à son tour les questions et opinions de ce dernier. Je répondais et posais des questions, et il me rapportait les réponses de son chef. Nos entretiens se basèrent sur les mêmes idées : libération de tous les peuples arabes du joug étranger et leur unification, la transformation de toute la Palestine en État juif, avec des habitants arabes égaux en droits, et l’adhésion de ce nouvel État à la fédération arabe.

Après des explications qui durèrent quelques mois et des discussions menées dans le plus grand secret, nous arrivâmes à un accord basé sur ma proposition, mais le moufti exigea que je rencontre le Comité arabe, syrien-palestinien, qui siégeait alors à Genève auprès de la Société des nations. Dans le cas où le comité accepterait, les rois d’Arabie Saoudite, du Yémen et d’Iraq (l’ Egypte ne faisant pas partie à l’époque des pays arabes) seraient conviés à signer un accord avec le Comité directeur sioniste («Agence juive») et l’affaire serait alors transmise au gouvernement britannique. D’autres entretiens eurent lieu avec Antonius, un Arabe syrien-chrétien, habitant de la Palestine et considéré comme le théoricien du mouvement national arabe, et avec Riad El-Solh, président du Liban, qui approuvèrent les principes que j’avais posés (Riad El-Solh fut assassiné par la suite par un fanatique arabe).

Je partis la même année pour l’Europe, afin d’y rencontrer le Comité arabe à Genève. Le moufti leur avait annoncé ma visite et le sujet des conversations. Le Comité comprenait un vieux Druse, Shéki Arsian, devenu extrémiste arabe, et le Syrien Ihsan Bey El Gabri, beau-père de Moussa Alami. Seul Arsian parla, car il était le président du Comité. Après une courte introduction, il me dit : « Vous voulez avoir une majorité juive en Palestine, et ensuite un État juif ; les Anglais ne vous permettront jamais d’être la majorité. Comment donc voulez-vous que nous, arabes, l’acceptions ? ». Après une discussion autour de ce thème, je vis qu’il ne changerait pas son point de vue, et nous nous séparâmes. Le jeune membre du Comité m’accompagna à la gare. Lorsque je sortis de sa maison, Arsian me dit : « Ce n’est pas notre dernier mot, nous en reparlerons. » Il exigea que toute conversation future fût secrète.
En rentrant à Jérusalem après un séjour de quelques semaines en Europe, j’y trouvai « La Nation arabe », revue publiée en français par le Comité, dans laquelle était rapportée notre conversation avec quelques distorsions. Moussa Alami, qui était, et est encore, un homme intègre, fut confus en me revoyant, bien que je lui expliquais que je comprenais fort bien que son beau-père n’était pas mêlé à cette publication.

Entre temps, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement britannique changea sa politique, et après des entretiens à Londres avec les Arabes et les Juifs en 1939, il publia le « Livre Blanc », dont le contenu était en fait l’annulation des engagements du mandat, l’interruption de l’immigration juive et la promesse d’établir dix ans plus tard un État indépendant en Palestine. Dix ans ne s’écoulèrent pas car la guerre survint qui vit l’extermination de ces six millions de Juifs qui avaient, plus que tout le monde, besoin d’un pays juif, et qui pouvaient et désiraient le construire. Malgré la publication du Livre Blanc, Winston Churchill demeura un ami du peuple juif, fidèle à la déclaration Balfour, mais il ne fut pas réélu après la guerre. Le Parti travailliste obtint pour la première fois une majorité absolue et forma le gouvernement. Ce parti était, on le savait, en faveur d’un État juif, et, à la fin de 1944, il décida qu’immédiatement après la guerre, cet État serait fondé des deux côtés du Jourdain et que tous les Arabes de Palestine seraient transférés dans les pays arabes, lesquels recevraient eux aussi une indépendance totale. Cette demande de transfert des Arabes de Palestine ne fut jamais mentionnée par le mouvement sioniste.

Ce qui arriva après la guerre est connu : Bevin et Attlee refusèrent de mettre à exécution la décision de leur parti, et soumirent le problème de la Palestine à l’Organisation des Nations Unies. En mai 1947, l’O.N.U. en discuta et l’Assemblée fut surprise par les propos de Gromyko, représentant de l’U. R. S. S., qui exigea la création d’un État juif en Palestine, le peuple juif ayant le droit d’avoir une patrie, dans son pays historique.
Une Commission, élue pour examiner le problème, soumit deux propositions : toute la Commission proposa d’abolir le mandat britannique le plus rapidement possible. Une minorité des membres demanda ensuite la création d’un État fédéral juif-arabe, et la majorité suggéra un partage et la création de deux États en Palestine occidentale : Un État juif comprenant le Néguev, et un État arabe à l’ouest du Jourdain économiquement lié à l’État juif. Quant à Jérusalem, elle serait un Corpus Separatus internationalisé, les Juifs de la ville demeurant citoyens de l’État juif, et les Arabes, de l’État arabe.
Nous acceptâmes à une grande majorité la décision de la Commission, bien que l’exclusion de Jérusalem nous ait causé beaucoup de peine. Si les Arabes eux, avaient accepté la décision de l’Assemblée de l’O.N.U., où 33 États (soit plus des deux tiers) dont la Russie, les États-Unis d’Amérique et la France, l’Angleterre s’étant abstenue votèrent en faveur de la proposition, le problème serait résolu et nous aurions eu la paix au Moyen-Orient. Mais ils annoncèrent qu’ils n’approuvaient pas la décision et qu’ils s’y opposeraient même par la force. Le lendemain du 29 novembre 1947, les attaques arabes contre les Juifs de Palestine commencèrent et se multiplièrent rapidement, car les Syriens et les Iraquiens (et quelques Egyptiens, membres de l’Association des frères musulmans) se joignirent aux bandes palestiniennes.
Quelque cent mille soldats anglais se trouvaient alors dans le pays et il leur était facile de maintenir le calme, mais le Parti travailliste avec son Premier ministre, Clément Attlee, et son ministre des Affaires étrangères, Ernest Bevin s’opposa de toutes ses forces à l’État juif, ne défendit ni l’ordre ni la tranquillité dans le pays, et n’empêcha pas les troubles des Arabes.

La population juive se défendit avec l’aide de l’organisation de la « Haganah », mouvement clandestin qui, dans l’ensemble, maîtrisa les bandes arabes, jusqu’au moment où la Légion arabe (armée jordanienne) se joignit ouvertement à ces bandes ; quatre villages juifs près de Hébron furent détruits et la plupart des habitants furent assassinés. Partout ailleurs, la Haganah avait le dessus et, après ses victoires à Haïfa, Tibériade, Safed et dans la nouvelle ville de Jérusalem, elle annonça aux arabes que s’ils lui rendaient les armes, ils pourraient rester à leurs places et jouir de tous les droits comme les Juifs. 
La majorité des comités arabes acceptèrent, mais d’autres proposèrent de s’en référer au Comité suprême arabe qui n’était pas dans le pays (car ses membres avaient fui après le meurtre d’un haut fonctionnaire britannique). Le Comité, dont la personnalité dominante était le moufti de Jérusalem, leur conseilla de ne pas rendre les armes, mais de quitter temporairement le pays,  car, après le départ des troupes britanniques au pays dans les deux ou trois semaines suivantes, cinq pays arabes. Egypte, Syrie, Jordanie,Liban et Iraq envahiraient Israël, y extermineraient les Juifs en dix à quatorze jours, et tous les Arabes reviendraient non seulement dans leurs foyers, mais encore, s’ils le désiraient, dans les maisons juives. Les Arabes quittèrent tous Safed, Beth-Shéan, Tibériade ; une partie resta à Jaffa et quatre mille demeurèrent à Haïfa.

Et j’en arrive ainsi à ce que l’on appelle le problème des réfugiés. Après la création de l’État d’Israël, le 14 mai 1948, aucun arabe n’a été expulsé, seuls quelques individus partirent pour l’Amérique. Ceux que l’on dénomme « réfugiés » quittèrent le pays à l’époque du mandat britannique. Ils commencèrent à partir deux jours après la décision de l’ONU, le 29 novembre 1947. 
De nombreux arabes passèrent dans les pays arabes : Les riches au Liban et en Syrie. Lorsque la lutte s’aggrava dans les villes, les Arabes furent priés par leurs voisins juifs et la Haganah de rester, mais ils se conformèrent aux ordres du moufti d’ Egypte, et presque tous quittèrent. (2) 
 Le nouvel État juif ouvrit ses portes aux immigrants juifs, et, en quatre ans, 700 000 Juifs arrivèrent, dont 500 000 venant des pays arabes (Iraq, Yémen, Maroc, Libye, Egypte, Tunisie, Syrie etLiban), et s’installèrent dans l’ensemble dans les villages, les quartiers et villes abandonnés Jaffa, Haïfa, Tibériade, Beth-Shéan, Safed. Au cours des attaques arabes qui suivirent la décision de l’O.N.U., des centaines de Juifs furent assassinés, mais aucun Juif ne s’enfuit. 

Seuls les 400 000 Arabes partirent. Les réfugiés juifs venus des pays arabes furent tous spoliés dans leurs pays d’origine, et jusqu’à ce jour, leurs biens sont confisqués ou distribués aux arabes. L’État d’Israël, né le 14 mai 1948, n’est absolument pas responsable pour la fuite des Arabes, et malgré ceci, nous avons reçu près de 40 000 réfugiés qui s’étaient enfuis, pas à cause de nous, dans le cadre de l’opération de la réunion des familles. Nous avons accueilli un plus grand nombre encore de réfugiés juifs, forcés de laisser tous leurs biens dans les pays arabes. Nous n’avions pas de logements, de nourriture, de travail à leur offrir, et nous avons fait des efforts surhumains pour les intégrer dans la vie du pays. Nous avons même été obligés d’imposer un régime d’austérité sévère au cours des dix premières années de l’État, tandis que les pays arabes ne voulurent faire aucun effort pour aider leurs frères venus se réfugier chez eux lors du mandat britannique en Palestine. Les dirigeants arabes apprirent à exploiter ces réfugiés comme arme contre le peuple en Israël. Vous avez, mon cher Général, employé dans votre discours des expressions surprenantes, dures et blessantes, basées sur des renseignements incorrects ou imprécis.

Vous avez parlé de l’établissement d’un foyer « sioniste » entre les deux guerres mondiales : « Peuple élu, sûr de lui et dominateur, changement d’une aspiration sincère (l’an prochain à Jérusalem) en ambition ardente et conquérante, manque de modestie, État d’Israël guerrier et désirant s’étendre, rêve de ceux qui veulent exploiter la fermeture du détroit de Tiran, etc. »
*Permettez-moi de vous faire part avant tout d’un fait non encore admis dans le monde pour de nombreuses raisons historiques et religieuses, mais cette conviction domine tout ce que nous avons fait et ferons : nous sommes pareils à tous les peuples, égaux en droits et en devoirs. Nous sommes un petit peuple, dont la majorité ne vit pas dans son pays, mais les autres vivent dans leur pays, non pas parce qu’ils ont occupé, pillé, ravi quoi que ce soit à d’autres, mais parce que nous avons trouvé ici notre pays abandonné, pas absolument dépeuplé, mais désertique ; nous avons fait fleurir les déserts à la sueur de notre front, par notre travail, obstiné et pionnier ; nous n’avons pas ravi les lopins de terre à ceux qui les travaillaient, mais nous avons fait reverdir les étendues désertiques. 
A l’endroit même où s’élève aujourd’hui la plus grande ville d’Israël Tel-Aviv il y avait, à l’époque de mon arrivée, des dunes de sable, sans arbre, sans gazon, sans aucun être vivant, bien qu’il y ait à proximité un petit fleuve qui, maintenant, irrigue le kibboutz dans le Néguev, à 50 kilomètres au sud de Beer-Shéva, où je vis. J’ai travaillé comme ouvrier salarié, il y a cinquante-neuf ans, dans un véritable désert dépeuplé, où une vingtaine de bédouins vivaient de la chasse avec une grande difficulté, et aujourd’hui, ce même désert est devenu un kibboutz où travaillent 500 adultes et des centaines d’enfants : c’est l’un des plus beaux kibboutzim de la vallée du Jourdain, appelé Kinéreth, comme le lac voisin.

Ce n’est pas par la force, ni même uniquement avec de l’argent, et certainement pas par des conquêtes, mais c’est par notre création pionnière que nous avons transformé une terre pauvre et aride en un sol fertile, créé des agglomérations, villes et villages, sur des surfaces désertiques et abandonnées.
Je n’ai pas honte du nom « sioniste », mais l’Angleterre nous avait promis, avec l’accord de la France, un Foyer national et non sioniste. Sion est l’un des lieux saints qui nous est cher, à Jérusalem ville de David, mais sioniste s’applique aux membres du mouvement qui aspiraient à revenir à Sion pour y être à nouveau un peuple normal, indépendant, enraciné dans sa patrie comme la majorité sinon tous des peuples. 

La déclaration de Balfour, approuvée par la suite par le gouvernement français, nous promettait le « renouvellement » (reconstitution) de notre pays national, qui était demeuré nôtre en dépit de notre expulsion par la force des occupants étrangers et cruels ; à aucun moment, pendant deux mille ans, nous n’avons cessé de prier pour retourner dans notre patrie, et dans aucun pays où nous vécûmes jusqu’à la Révolution française, nous n’avions, ni nous, ni les peuples de ces pays, reconnu qu’ils étaient nôtres. Après la Révolution française, les Juifs devinrent égaux en droits. C’est là l’un des plus grands actes des Français, que nous n’oublierons jamais.
 Mais l’homme qui, voici soixante-dix ans, eut la vision d’un État juif qui fascina la majorité de son peuple, le Dr Théodore Herzl, en est arrivé là à la suite du procès de Dreyfus et des mouvements antisémites qui ont suivi. Je redis ici : nous n’oublierons jamais l’héroïsme moral des hommes tels que le colonel Picard, Clemenceau, Zola, Jaurès et autres, qui luttèrent pour la justice avec obstination et courage, et qui eurent gain de cause. Mais cette haine, mise à jour à la fin du XIXe siècle, apparaît ici et là, et nous Juifs, en tant qu’êtres humains, nous nous voyons égaux en droits à tous les hommes ; nous considérons que nous avons les mêmes droits que tous les peuples libres et indépendants, et nous osons penser que nous les méritons, sans aucune faveur spéciale.

Je sais que pendant des centaines d’années le monde chrétien était convaincu que le peuple juif avait cessé d’exister il y a deux mille ans, et je sais aussi qu’il y a des Juifs qui pensent de la même manière ; nous avons pitié de ces Juifs, mais nous ne sommes pas fâchés contre eux s’ils veulent cesser d’être juifs, c’est leur affaire personnelle. Mais ils ne parlent pas en notre nom, tout comme ce n’était pas Pétain qui parlait au nom de la France, mais bien Charles de Gaulle qui était, à l’époque, isolé et solitaire. J’ai lu des propos diffamatoires sur mon peuple, venant précisément d’un grand Juif Karl Marx que j’estime sans toutefois accepter sa théorie.
Mais je sais apprécier la grandeur d’un homme qui a un sens profond de l’Histoire, et qui essaie, avec toute la force de son génie, d’agir en faveur d’une société juste et plus saine.
Nous ne sommes pas un peuple « dominateur ». Je sais qu’il existe dans mon peuple des exceptions dont les devises et les arguments sont étrangers à la plus grande partie du peuple juif et à sa tradition sainte. Mais j’ai occupé pendant quinze ans un poste de responsabilité dans le mouvement sioniste et au sein de la population juive en Palestine, et pendant quinze autres années j’ai été Premier ministre et ministre de la Défense de l’État d’Israël, et je connais l’ardent désir de paix de mon pays, paix avec nos voisins et entre tous les peuples. Au cours de toutes ces années, je ne travaillais pas seul, je devais convaincre la majorité de mes camarades et de mon peuple que la voie que je choisissais était la bonne, la plus droite et la plus juste, et, en général, je réussissais. Quelques jours avant la déclaration de notre indépendance, la question s’était posée de savoir s’il fallait y mentionner les frontières de l’État. Deux avocats du gouvernement provisoire prétendaient que la loi oblige de marquer les frontières. Je m’y opposai, car il n’y avait pas, à mon avis, une loi pareille.

Ainsi, l’Amérique, par exemple, ne mentionna aucune frontière dans sa déclaration d’indépendance. De plus, et c’était là le principal je dis : si les Arabes avaient accepté les frontières fixées par l’Assemblée de l’O.N.U. le 29 novembre 1947, personne d’entre nous n’aurait objecté à ces frontières, bien que selon moi, la grande partie de ces lignes n’étaient pas justes, surtout l’exclusion de Jérusalem de l’État et son internationalisation, chose qui ne s’était faite nulle part ailleurs ; et vous, mon cher Général, vous avez dit avec émotion dans vos propos : « La touchante prière répétée pendant 1900 ans, l’an prochain à Jérusalem ». Nous n’avons pas échangé ce vœu contre une ambition ardente et conquérante, mais nous avons dit : si les Arabes avaient accepté comme nous la résolution de l’O.N.U., le problème des frontières ne se serait jamais posé. Nous avions accepté avec joie, mêlée de tristesse, les décisions adoptées, mais les Arabes annoncèrent qu’ils combattraient cette résolution et anéantiraient l’État dont nous devions annoncer l’établissement trois jours plus tard. Ils commencèrent la guerre contre nous même avant la déclaration de l’indépendance, et l’O.N.U. ne s’y opposa pas et ne les obligea pas à accepter la résolution. Dans ces conditions, nous pouvions nous aussi ne pas accepter la résolution de l’O.N.U. qui ne s’applique ainsi qu’à l’une des parties. Et si nous pouvons étendre nos frontières et libérer Jérusalem dans une guerre ouverte par les Arabes contre nous, nous libérerons Jérusalem et la Galilée occidentale et elles feront partie de notre État.

Personne d’entre nous n’a proposé d’occuper des territoires supplémentaires avant la guerre qui a débuté deux jours après la résolution de l’Assemblée de l’O.N.U., par une attaque sur notre centre commercial à Jérusalem, et l’armée britannique ne nous permit même pas de nous défendre. Nous n’étions pas forcés d’accepter deux poids et deux mesures pour les Arabes et nous. Si l’O.N.U. n’existe pas, et si les Arabes peuvent faire selon leur volonté, nous sommes également libres. Nos liens avec Jérusalem ont précédé ceux de tous les êtres ou de toutes les religions existant au sein de l’humanité.
Israël, après la guerre d'indépendance

Le 14 mai 1948, je déclarai la création de l’État juif dont le nom serait Israël, conformément au texte que j’avais fixé durant la nuit précédant la déclaration, et que le Conseil provisoire de l’État avait approuvé au matin du vendredi 14 mai, six heures avant l’annonce officielle. Il est dit dans cette dernière : « Nous faisons appel, même au milieu des attaques sanglantes qui nous harcèlent depuis de longs mois, aux arabes habitant l’État d’Israël de préserver la paix et de prendre part à la construction de l’État sur base d’une citoyenneté totale et égale, et de représentation dans toutes les institutions, provisoires et permanentes, et j’ajoutai : « Nous tendons une main de paix et de bon voisinage à tous les États voisins et à leurs peuples, et faisons appel à eux pour une coopération et une assistance mutuelle avec le peuple juif, indépendant dans son pays. L’État d’Israël est prêt à contribuer à l’effort commun en vue du progrès de tout leMoyen-Orient ». 
Chaque mot de cet appel, mon cher Général, venait du cœur, de notre cœur à tous, et tous les partis en Israël, du parti communiste à gauche au parti religieux Agoudat Israël à droite, des socialistes de gauche aux révisionnistes de droite, signèrent cette déclaration. Si notre appel avait été entendu, et si les peuples arabes avaient agi conformément aux résolutions et à la charte de l’O.N.U.il n’y aurait eu jusqu’à ce jour, aucune guerre ni aucune querelle entre nous et les Arabes, et personne d’entre nous n’avait d’ambition « conquérante » pour occuper les territoires au-delà des frontières fixées par l’O.N.U., car la paix pour nous prime tout. Mais la paix est à double sens ou alors elle n’est que fiction.

Nous n’aurions pas dû perdre 6 000 de nos meilleurs jeunes gens dans la Guerre d’indépendance, imposée à nous huit heures après la déclaration de notre indépendance par cinq armées arabes d’Egypte, de Jordanie, de Syrie, du Liban et d’Iraq, au cours de laquelle nous combattions à un contre quarante, la Campagne du Sinaï et la Guerre des Six Jours n’auraient pas eu lieu, si la résolution de l’O.N.U. avait été adoptée par les Arabes, et si ces derniers n’avaient pas tenté par la force de l’abolir. Aucun de nous n’aurait songé à attaquer nos voisins dans le but de changer nos frontières et d’étendre notre pays. 
J’ai déclaré à plus d’une reprise et c’était là notre opinion à tous que nous sommes prêts à signer un accord de paix pour les cent années à venir sur base du statu quo. Parmi les membres de notre droite, certains réclamaient « la totalité du pays », mais même eux ne proposèrent jamais de faire la guerre pour nous étendre, et ceci en dépit du fait que le monde entier en tout cas le monde chrétien et tout le monde juif considérait que les deux rives du Jourdain formaient une seule et même Palestine, et espérait qu’elle serait à nouveau la patrie des Juifs promise par la Bible et les Prophètes.
 La Genèse (12:7) dit : « L’Eternel apparut à Abraham et dit : Je donnerai ce pays à la postérité », et dans Deutéronome (30:3-5) : « Alors l’Eternel, ton Dieu, ramènera tes captifs et aura compassion de toi, il te rassemblera encore du milieu de tous les peuples chez lesquels l’Eternel, ton Dieu, t’aura dispersé. Quand tu serais exilé à l’autre extrémité du ciel, l’Eternel, ton Dieu, te rassemblera de là, et c’est là qu’il t’ira chercher L’Eternel, ton Dieu, te ramènera dans le pays que possédaient tes pères, et tu le posséderas ». Cette idée revient chez les Prophètes, Isaïe 56:8, Jérémie 29:4, Ezéchiel 11:17, Néchémie 1:9. C’était là l’intention de la Déclaration Balfour, approuvée par la France, et de la décision de la Société des Nations, mais l’Assemblée de l’O.N.U. en décida autrement, et nous avons accepté ; nous serions restés fidèles à sa résolution si les Arabes l’avaient suivie, et respecté la paix.

Il est vrai que pendant des millénaires, nous avions cru aux visions de nos Prophètes, et il en est parmi nous qui croient en la venue du Messie qui regroupera tous les Juifs du monde entier morts et vivants en Terre Sainte, mais nous n’avions aucune « ambition ardente et conquérante », mais bien plutôt une foi ardente en la vision de paix de nos Prophètes : « Une nation ne tirera plus l’épée contre une autre, et l’on n’apprendra plus la guerre. » (Isaïe 2:3, Michée 4:3), car le secret de notre survivance après les deux destructions par les Babyloniens et les Romains, et la haine des Chrétiens qui nous entoura pendant 1600 ans, réside dans nos liens spirituels avec le Livre Saint. Lorsque la Commission Royale Britannique vint à Jérusalem à la fin de 1936 pour y étudier l’avenir du mandat, je lui dis : « Notre mandat à nous, c’est la Bible ». Nous y avions puisé notre force pour résister à un monde ennemi, et persévérer dans la foi en notre retour dans notre pays et en la paix dans le monde.

Je voudrais maintenant vous rappeler, mon Général, notre entretien de juin 1960 à ce sujet, à l’heure du déjeuner dans les jardins de l’Elysée, en présence du président Debré et de mon ami Shimon Pères. Vous m’aviez demandé : « Quels sont vos rêves sur les frontières réelles d’Israël ? Dites-le moi, je n’en parlerai à personne ». Je répondis : « Si vous m’aviez posé la question il y a 25 ans, j’aurais dit que notre frontière septentrionale est le fleuve Litani, et l’orientale, la Transjordanie. 
C’est sur elles que j’avais basé mes conversations avec les dirigeants arabes. Mais vous me posez la question aujourd’hui. Je vous dirai donc : nous avons deux aspirations principales : la paix avec nos voisins et une grande immigration juive. La surface de la Palestine en notre possession peut absorber beaucoup plus de Juifs que ceux qui sont susceptibles d’y venir. C’est pourquoi nos frontières nous suffisent, pourvu que les Arabes veuillent signer avec nous un traité de paix sur base du statu quo. ».
 Vous avez ajouté alors : « Quels sont les rapports entre vous et les Juifs d’Amérique ?» « La situation politique, économique et culturelle des Juifs américains est bonne, mais ils ont quand même des liens profonds avec l’État d’Israël. »
Et, après la Campagne du Sinaï, il y a 11 ans, et après la Guerre des Six Jours, je peux vous assurer que ce n’est pas notre désir d’agrandir la surface d’Israël qui a entraîné ces deux guerres. Si l’ Egypte avait tenu ses engagements contenus dans les accords d’armistice et les décisions du Conseil de Sécurité de l’O.N.U. et relatifs à la liberté de navigation dans le Canal de Suez et surtout dans le détroit de Tiran et le golfe d’Akaba, et si les dirigeants égyptiens et syriens n’avaient pas déclaré tous les jours que leur but est d’anéantir Israël, il ne nous serait jamais venu à l’esprit de sortir des frontières fixées par les accords d’armistice. Telle était mon opinion au cours des années, heureusement partagée par la grande majorité de mon peuple, et même de ceux qui préconisaient « la totalité du pays ».

Je sais que le gouvernement français de la IVe République et vous aussi mon Général, avez établi votre ambassade, comme d’autres pays d’Europe, les États-Unis et l’U.R.S.S., à Tel-Aviv, mais toutes les entrevues avec les ambassadeurs se sont déroulées à Jérusalem ; aucune protestation venant de l’O.N.U. ou de ses membres ne m’est parvenue sur le fait que le gouvernement jordanien ait occupé la vieille ville de Jérusalem en 1948, chassé tous les Juifs, détruit les synagogues et fermé nos routes vers les Lieux Saints, contrairement aux accords d’armistice. Personne n’a protesté. Nous n’avons jamais porté atteinte aux églises et aux mosquées se trouvant dans notre pays, et nous n’y voyons aucun mérite particulier, mais bien plutôt une obligation humaine et le respect des religions étrangères.

Je ne suis maintenant que l’un des citoyens de notre État. Après avoir été pendant quinze ans Premier ministre et ministre de la Défense, j’ai pensé qu’il valait mieux céder le pouvoir aux plus jeunes que moi, et je m’occupe de rédiger notre histoire depuis 1870, date de la création de l’école agricole « Mikveh Israël » (Espoir d’Israël ou Réunion d’Israël), première base du renouvellement de l’État d’Israël.
Je connais la mentalité de notre peuple, tant en Israël qu’à l’étranger, et je sais que mon peuple pas moins que les autres est pieux et fidèle à la vision de la paix dans le monde que les Prophètes d’Israël ont été les premiers dans l’histoire de l’humanité à avoir. Et si les grandes puissances pouvaient influencer les peuples arabes, influence qu’elles peuvent avoir car les Arabes ont besoin d’armements de l’étranger, et ne pourront, pendant longtemps encore, les produire eux-mêmes, de maintenir la paix au Moyen-Orient, je suis convaincu que la paix ne sera jamais troublée en Israël. Ayant été Premier ministre à l’époque de la Ve République, je sais que les relations amicales avec la France, depuis la renaissance de l’État d’Israël, se sont poursuivies même sous la Ve République, et je n’avais aucun besoin de m’attendre à une amitié plus fidèle et plus sincère que la vôtre.

Je ne vois dans vos bons rapports amicaux avec les pays arabes, aucun obstacle à la continuation de l’amitiéavec Israël. Et même si les dirigeants arabes continuent à nous menacer de destruction, comme par le passé, je ne conseillerais à aucune nation de rompre ses relations avec les pays arabes, car si nous devons nous défendre, je ne voudrais pas que d’autres que nos propres fils meurent pour nous défendre. Ce que j’aurais demandé à nos amis, c’est de ne pas nous empêcher de recevoir l’aide nécessaire pour maintenir notre force de dissuasion, susceptible de prévenir la guerre.
Je vous prie de bien vouloir excuser la longueur de ma lettre.
J’ai éprouvé une obligation, en raison de votre amitié et de votre aide à Israël, et de votre amitié personnelle exprimée même lors de notre dernier entretien, de vous exposer notre position réelle face aux problèmes internationaux.
Nous sommes convaincus que le peuple juif est égal en droits et en devoirs à tous les autres peuples, ni plus ni moins.

Pour ce qui est du peuple élu, la Bible dit : « Aujourd’hui, tu as fait promettre à l’Eternel qu’il sera ton Dieu, afin que tu marches dans ses voies, que tu observes ses lois, ses commandements et ses ordonnances, et que tu obéisses à sa voix. Et aujourd’hui, l’Eternel t’a fait promettre que tu seras un peuple qui lui appartiendra comme il te l’a dit. » (Deutéronome, 26 :17-18). Le peuple juif était le premier au monde à être monothéiste, c’est pourquoi il était un peuple élu. Dans le Livre de Josué(24 :22-25), il est dit : « Josué dit au peuple : Vous êtes témoins contre vous-mêmes que c’est vous qui avez choisi l’Eternel pour le servir. Ils répondirent : Nous en sommes témoins…
Josué fit en ce jour une alliance avec le peuple, et lui donna des lois et des ordonnances, à Sichem ». Les Sages d’Israël dirent plus tard : « Dieu demanda à tous les peuples de recevoir sa loi, et lorsqu’ils refusèrent, il s’adressa à Israël qui répondit : nous le ferons. »
Ce n’est pas Dieu, selon notre foi, qui choisit Israël, mais Israël qui choisit Dieu :Telle est la vérité historique connue de tout chrétien et de tout musulman dans le monde. Le Grec ne doit pas avoir honte que son peuple ait, il y a 2400-2600 ans, devancé tous les autres en faisant ses découvertes scientifiques et philosophiques.
Et nous, non plus.
Mais notre peuple ne pense pas qu’il est supérieur à tous les autres. Nous sommes naturellement fiers que ce soit notre Bible qui ait dit pour la première fois : « Tu aimeras ton prochain comme toi même », et plus loin (Lévitique 19 :18, 33-34) : « Si un étranger vient séjourner avec vous dans votre pays, vous ne l’opprimerez point. Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène au milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » Une loi pareille n’existait même pas dans l’Athènes de Périclès, de Socrate et de Platon.

Et, tout en désirant ardemment que tous les Juifs qui veulent venir vivre ici, en tant que Juifs égaux en droits et obligations à tous les autres hommes, puissent le faire, nous étions fidèles et le demeurerons à tout jamais, aux idéaux de paix, de fraternité humaine, de justice et de vérité, comme nous l’avaient ordonné nos Prophètes.
Permettez-moi de vous exprimer ici mon estime et mes remerciements les plus vifs pour tout ce que votre grand peuple a accompli au cours des deux derniers siècles en faveur de la valeur humaine et de la liberté des peuples, et ma fidèle estime à vous, mon cher Général, pour tout ce que vous avez fait pour relever le nom, l’honneur et la position de votre pays et pour votre assistance et votre amitié vraie à l’égard du peuple juif dans son pays.
Et je voudrais ajouter ici mon espoir que les liens amicaux entre la France et Israël – en tant que partie des liens amicaux entre tous les pays – continueront à exister avec votre aide et celle de tous les peuples et les hommes fidèles aux idéaux du Livre des Livres.
Veuillez accepter. Monsieur le Président, mes vœux les meilleurs pour la réussite de votre haute mission.

Notes complémentaires
(1) La population arabe, qui habitait en Palestine avant le début du conflit israélo-arabe a pris, dans l'histoire moderne, le nom de « peuple palestinien », en référence à cette appellation. En 1920 un rapport de la Société des Nations évalue la population globale à 700 000 personnes, dont 77 000 Juifs.  En 1947 l'UNSCOP estime la population arabe à environ 1 200 000 personnes et la population juive à environ 600 000 personnes.

(2)L'exode palestinien de 1948  (entre 700 000 et 750 000 Arabes palestiniens ) fût aussi accompagné d'un Exode des Juifs des pays arabes et musulmans , essentiellement durant et après la guerre israélo-arabe de 1948. De cette période jusqu'au début des années 1970, entre 800 000 et 1 000 000  Juifs ont quitté, volontairement ou sous la contrainte, et du fait de persécutions et de pogroms antisémites les pays arabes et musulmans. 260 000 arrivèrent en Israël entre 1948 et 1951, pour atteindre le nombre de 600 000 en 1972 Suite à la Guerre du Kippour en 1973, la plupart des communautés juives à travers le monde arabe, ainsi que du Pakistan et l'Afghanistan, disparurent
Une partie de la population est aujourd'hui israélienne, et comprend parmi elle, outre des Juifs et des Musulmans, des groupes de différentes confessions religieuses.(Source :Wikipédia)