09 janvier 2013

On a tout pour être heureux en famille !



Claire est maman de 4 grands enfants mais conjointement à l’éducation de  ses  enfants, on lui a confié en tant que famille d’accueil, ainsi qu’à son mari, plusieurs enfants avec des histoires parfois difficiles. Certains ont pu faire une démarche pour suivre le Seigneur et entamer un processus de guérison. C’est un travail de plusieurs années, demandant patience,  beaucoup de dialogues et d’amour, chaque enfant étant très différent.  Mais il n'y a pas que les difficultés ...Malgré le sérieux de l'auteur et de son message, je peux vous dire qu'on y voyait  plus souvent la joie que la tristesse.
Ce chant  reflète bien mon  souvenir d'une  ambiance familiale chaleureuse, tout aussi drôles  et gaies que ces images, parfois  bruyantes ou cocasses,  autour " d'une table  "et de la  lumière   dans "la nuit de Chanouka"  lumière que représente si bien l'amour des parents mais aussi ..des enfants..
Doux souvenirs aussi brillants que le soleil ! Deborah




                                    On a tout pour être heureux ! (1)

Oh! si tu étais attentif à mes commandements! Ton bien-être serait comme un fleuve, et ta justice comme les flots de la mer. Es 48/18

Je suis maman de 4  enfants âgés maintenant  de 29  à 19 ans, presque tous mariés ou en voie de l’être.   Avec mon mari, nous accueillons 5 ados et préados. Je me demande souvent comment je ferai si je ne connaissais pas le Seigneur. Chaque jour, je puise ma force et trouve mes objectifs en Lui.  Je me souviens encore de cette femme de pasteur dont les enfants presque adultes servaient tous le Seigneur et semblaient si « à l’aise dans leurs baskets ». Je lui avais alors demandé un conseil, quelque chose qui m’aiderait alors que je commençais tout juste ma vie de famille. Elle m’a regardé droit dans les yeux et m’a répondu : « 2O ans de ta vie pour tes enfants ! »   Ces mots n’ont pas cessé  d’habiter  ma maison, quand toute la petite équipe déambulait dans le salon et faisait «  broum broum » sur leurs petits camions, quant ils parlaient à tord et à travers, quand l’un était malade la nuit et l’autre  faisait son caprice, quand  ils revendiquaient leur autonomie, tombaient  amoureux, rataient ou réussissaient un examen, bref…  dans les bons comme dans les mauvais jours.

Ces mots peuvent paraître exagérés au premier abord. Je suis bien consciente que les enfants ne doivent pas être notre seule raison de vivre. Mais j’ai compris ces mots comme un impératif à m’appliquer dans cette merveilleuse mission à laquelle Dieu nous avait appelés. Comme on s’applique pour un tableau, chaque couleur, chaque détail ayant un objectif.  Je ne savais pas faire, il me fallait donc apprendre.
C’est ainsi qu’en accord avec mon mari, ce fut une aventure extraordinaire. L’aventure n’a pu être possible que grâce au cadeau inestimable de Dieu : Sa parole.
Il y a tout dans sa parole. Jusqu’au moindre détail. Dieu a pensé à tout. (2 Tim 3/1)
Tu te demandes d’où tu viens ? Qui tu es ? Pourquoi ? Où tu vas ? Comment t’y prendre ?  Pourquoi ça débloque sur un point ou sur un autre ? Et j’en passe… Il y a vraiment tout (comme à la Samaritaine !) (1) 

Je pense à ce passage de la Bible en 2 Samuel 4.4. Il nous parle de cette servante qui qui voulant fuir pour le protéger, laissa tomber l’enfant par mégarde, le rendant ainsi boiteux. Et Jonathan, fils de Saül avait un fils blessé aux pieds, âgé de cinq ans, lorsque le bruit de la mort de Saül et de Jonathan vint de Jizréhel ; et sa gouvernante le prit, et s'enfuit ; et comme elle se hâtait de fuir, il tomba, et devint boiteux ; et il fut nommé Méphiboseth.
Ce texte est très parlant pour nous parents,  rendus boiteux par nos propres parents,  parfois aussi dans un but de nous protéger.  Nos histoires sont pleines de chutes et nous arrivons pleins de bosses à l’âge adulte.  Comment alors éviter que nous fassions subir à nos enfants toutes ces chutes alors que la Bible promet une vie en abondance (pas une survie), l’amour, la liberté, la joie, la sagesse, la guérison de nos « coups et blessures » ?
Eph 6/4 Et vous, pères, n'allez pas irriter vos enfants par votre attitude. Mais élevez-les en leur donnant une éducation et une discipline inspirées par le Seigneur. (BFC)  Irriter en français  veut dire : attiser, provoquer,  mettre en colère, énerver.
Nous sommes chaque jour confrontés à cette société de consommation, ou l’on donne tout à nos enfants, parfois sans même attendre.  Pourtant ils restent exaspérés,  car nous les « laissons tomber » si nous ne tenons pas compte des conseils du Seigneur.

Comment "irritons nous" nos enfants ?

1 - En ne leur donnant pas le bon exemple : « Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais », les  enseigner et vivre autrement cela signifie les tromper. Les enfants nous regardent, nous sommes leurs  modèles.

2- En refusant  de fixer des limites :
C'est pour votre éducation que vous souffrez. C'est en fils que Dieu vous traite. Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils.
Nous avons eu nos pères terrestres pour éducateurs, et nous nous en sommes bien trouvés ; n'allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits et recevoir de lui la vie ? Eux, en effet, c'était pour un temps, selon leurs impressions, qu'ils nous corrigeaient ; lui, c'est pour notre profit, en vue de nous communiquer sa sainteté. Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse. Mais plus tard, elle produit chez ceux qu'elle a ainsi exercés un fruit de paix et de justice. Héb 12 / 7-11

Corrige ton fils car il y a de l'espoir, mais ne t'emporte pas jusqu'à le faire mourir Prov 19/18
Nous pouvons relire l’exemple du Roi David et d'Elie qui n’ont  pas pris position quant aux péchés de leurs  fils. Le résultat en a été  catastrophique 
En  2 Samuel 13… Amnon, le fils de David, a violé sa sœur Tamar. ( "palmier courbé" en hébreux. ) On lit au verset 9 que « le roi David en fut irrité ».  Mais il n’a ni fait preuve d’autorité, ni tenté de restaurer l’honneur de Tamar, créant la honte et la haine au sein de la fratrie. Pendant 2 ans,  la haine va s'accumuler silencieusement dans le coeur d'Absalon ( v 22/23) qui  pour rétablir l'honneur de sa soeur   tuera son frère Ammon   
L’exemple des fils d’Elie (1Sam 2/22 à 36)  est aussi très parlant. «  Pourquoi honores-tu tes fils plus que moi-même ? Puisqu'il en est ainsi, voici ce que je t'annonce, moi, le Seigneur, le Dieu d'Israël : J'avais promis à ta famille, à ton clan même, que pour toujours vous seriez mes prêtres ; mais maintenant, j'affirme solennellement qu'il n'en est plus question. En effet, j'honore ceux qui m'honorent, mais ceux qui me méprisent seront méprisés à leur tour…  Tous les rejetons de ta maison mourront dans la force de l'âge »
 Ces choses leur sont arrivées pour servir d'exemples, nous dit la Parole et elles ont été écrites pour notre instruction (1 Cor 10/11).. Nombreux sont ces enfants sans limites et sans respect devenus de tels monstres au point de ne plus pouvoir vivre en leur compagnie.

On peut aussi exaspérer nos enfants en leur fixant trop de limites, parfois incohérentes ou exagérées. Il nous faut apprendre à leur faire confiance et bien réfléchir sur les corrections ou sanctions à appliquer en cas de désobéissance. Les adolescents  que l’on frappe et que l’on insulte finiront par produire de la haine, j’en connais personnellement. Dans Eph 6/4 "N'irritez pas " vos enfants est traduit aussi  par " ne provoquez pas vos enfants" ( Darby) et   ne poussez pas vos enfants à la révolte.(PDV)Dans ce verset "irritez" vient du mot grec  "parogizo ":   inciter à la colère, provoquer, exaspérer, fâcher, irriter

3- En leur refusant  la connaissance de l'amour de  Dieu : 

A mon avis, ne pas communiquer à nos enfants la connaissance de Dieu et  son amour  pour nous est la plus grande forme d’injustice. Il s’agit tout de même d’un message d’espérance, d’amour, de paix, de joie, de salut. Si à l’âge de 15 ans, mon amie Rose Marie ne m’avait pas communiqué ce message d’espérance, je doute fort de mon existence aujourd’hui.
Certains disent « Je veux permettre à nos enfants de décider par eux-mêmes le choix d’une religion. Je ne veux rien leur imposer » Pourtant, nous les obligeons à manger leurs légumes avant de passer au dessert ! Nous les amenons chez le médecin s’ils sont malades, les obligeons à porter un manteau quand ils sortent dehors… !
En tant que parents, nous avons une vue plus large de la vie et de ce qui est important. Les enfants sont immatures et ne savent pas discerner ce qui est le meilleur pour eux. C’est la raison pour laquelle nous avons la responsabilité de les former sur les choses de Dieu et de leur communiquer, le plus tôt possible, la connaissance de Dieu. Car je l’ai connu (Abraham) afin qu'il commande à ses enfants, et à sa maison après lui, de garder la voie de l'Éternel, pour faire ce qui est juste et droit; afin que l'Éternel fasse venir sur Abraham ce qu'il a dit de lui. Gen 18/19. 

 Il s’agit aussi de faire preuve d’équilibre et de cohérence.  Soyons attentifs à ce que notre église accueille et entoure nos enfants et lorsqu’ils sont plus grands, les respecter s’ils font un « gavage » de l’église. Soyons toujours dans le dialogue et appliquons- nous à aimer notre Seigneur nous même sans excès légaliste.
 De plus, je pense que pour « choisir « il faut être informés Moïse dit : Voici les commandements, les lois et les règles que le SEIGNEUR votre Dieu m'a ordonné de vous enseigner. Il veut que vous leur obéissiez dans le pays que vous allez bientôt posséder. Ainsi, tous les jours de votre vie, vous respecterez le SEIGNEUR votre Dieu, vous, vos enfants et les enfants de leurs enfants. Et, en obéissant à ces lois et à ces commandements que je vous donne, vous vivrez longtemps. Deut. 6/1-2. Deut 4/9

Nous avons eu des moments très difficiles dans nos vies mais pour nos enfants, nous avons toujours essayé de fréquenter régulièrement une église, de ne pas leur transmettre nos conflits, nos craintes et nos amertumes d’adulte. Ce n’était pas toujours facile.  Ainsi, grâce à nos solides amitiés, au-delà de toutes les divisions, nos enfants sont restés confiants et heureux d’aller à l’église même s’ils ne sont pas  dupes de ses fragilités.

- 4 / Refuser les nécessités,  nos obligations parentales,  
 
Les délaisser,  en "oubliant " ou refusant  de répondre à leurs besoins vitaux, ou de  leur fournir les soins nécessaires deviendra un terreau  favorable pour que naissent des « racines d‘amertume » dans leur coeur :  Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés; Heb 12/15 Je pense à l’exemple de cet enfant dont les parents avaient de gros problème. Délaissé, il partait toujours sale à l’école  et subissait constamment les moqueries de ses camarades. On imagine plus tard quel adolescent il a pu devenir …

-5) Refuser l’approbation et l’acceptation  

 Nous les exaspérons en leur montrant que quoi qu’ils puissent faire, ce n’est jamais assez ! Nos  attentes inaccessibles provoquent le  découragement.
Dans Colossiens 3/21 il nous est dit : Parents,  n’irritez pas vos enfants, de peur qu’ils ne se découragent  . "Irritez" dans ce passage vient du mot grec " erethizo" traduit par " Irriter,  remuer, ou stimuler comme dans 2 Cor 9/2 : ce zèle de votre part  a stimulé le plus grand nombre ", "erethizo " vient d'une forme de  "eris"  traduit en français par "querelle, dispute"
Ainsi dans notre zèle à les "stimuler" , veillons à ne pas les "irriter", créant ainsi  une source de conflits.
Un enfant apprend par ce qu’il vit. S’il vit en étant constamment critiqué, il n’apprendra pas à devenir responsable, mais il se condamnera lui-même, doutera des intentions des autres, vivra dans l’attente constante d’une ruine imminente.
 Malgré nos défauts et nos échecs, Dieu nous démontre un grand amour constant,  et une totale acceptation en Jésus-Christ .  Nous ne sommes pas parfaits et n’avons pas mis au monde des enfants parfaits.  Ne cherchons pas non plus à projeter sur eux nos propres rêves irréalisés, nos frustrations, qui peuvent devenir   des fardeaux,  des conditions pour qu'ils se sentent accepter,  ne leur montrant ainsi qu' un amour "conditionnel "...

-6)  Refuser l’affection 

 La véritable définition de l’Amour se trouve dans 1 Cor. 13. L'amour est patient, l'amour rend service. Il n'est pas jaloux, il ne se vante pas, il ne se gonfle pas d'orgueil. L'amour ne fait rien de honteux. Il ne cherche pas son intérêt, il ne se met pas en colère, il ne se souvient pas du mal. Il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité. L'amour excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. L'amour ne disparaît jamais.
Il est tentant d’utiliser ce passage pour voir si nos enfants agissent d’une manière correcte « et biblique ». Au lieu de cela, ce texte devrait plutôt être utilisé comme un miroir pour les parents afin de les  aider à agir de cette manière envers leurs  enfants." Car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait." a dit Jésus  (Jean 13/15) 
 Sommes-nous patients ? Serviables ? Honnêtes ? Ou vantards etc…Dans ce texte  de l'épitre aux Corinthiens, par exemple,    une phrase m’a interpellé   : « l’amour ne s’enfle pas d’orgueil »  Je vous partage ceci  pour vous montrer  combien la Parole de Dieu est concrète. 
 J’ai réalisé depuis peu combien nous pouvons irriter nos enfants par nos attitudes orgueilleuses. Partant du principe biblique que les enfants doivent être soumis à leurs parents, utiliser une certaine forme d'arrogance (syn : déconsidération, dérision, indifférence, vanité, suffisance, mépris, dédain), ou  d'autorité impérieuse,  finira par les pousser à la colère. Car en définitif, c’est l’amour avant tout qui doit gouverner tous les aspects de nos relations. L’amour n’est pas orgueilleux, l’arrogance  provoque. 
 Ne soyons pas dans la toute puissance.

- 7) Refuser de reconnaître nos erreurs  
 
Pour ma part, il m’est arrivé à plusieurs reprises de demander pardon à nos enfants car il m’est arrivé d’être injuste, ou de ne pas comprendre une attitude, ou de blesser par mes paroles sous le coup de la colère. "Ce sont toujours nos impuissances qui nous irritent" écrivait  Joseph Joubert  
Moi, la sagesse, j'habite avec le discernement, et je possède la science des sages pensées.( je sais agir en réfléchissant.) Être soumis au Seigneur, c'est détester le mal. Pour ma part, je déteste l'orgueil et l'arrogance, les mauvaises actions et les paroles trompeuses. Prov 8/12- 13.  Attention à nos attitudes de parent  « je sais tout » du syle  : je mets mes mains sur les hanches, prenant une position militaire tout en leur renvoyant  les paroles suivantes : « tant que tu vivras sous mon toit, tu feras les choses à ma façon ! ».  

-8)  Et enfin, refuser la miséricorde : 
 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation  2 Cor 1/3
  que la miséricorde et la vérité ne t’abandonnent pas : lie-les à ton cou, écris-les sur la table de ton cœur. Tu obtiendras la grâce et une grande sagesse  aux yeux de Dieu et des hommes..Prov. 3/3-4
 La miséricorde  est donc liée à la vérité. Personne ne connaît mieux la vérité sur son enfant que ses propres parents. Il vous est peut-être  même arrivé de surprendre votre enfant faisant quelque chose de choquant. Alors quand la vérité est révélée dans sa forme la plus brutale, nous devons faire un choix entre le jugement et la miséricorde. Or, l’amour nous demande de choisir la miséricorde. Parlez et agissez comme devant être jugés par une loi de liberté, car le jugement est sans miséricorde pour qui n'a pas fait miséricorde. La miséricorde triomphe du jugement. Jacques 1/13.

Voilà donc quelques petites pensées venues tout droit de mes expériences, de mes lectures, des partages entre amis. Je vous les livre en toute simplicité, espérant par ces mots que votre amour pour la Parole de Dieu si riche, si concrète, si actuelle grandisse et soit, comme elle l’a été pour moi,  une aide si précieuse.     

Claire BERNABE.

(1) Allusion au slogan publicitaire de La Samaritaine qui  était le plus grand magasin parisien des années 70 et qui est resté dans la mémoire collective des français : « On trouve de tout à la Samaritaine" même ce à quoi on ne pense pas ..!