26 août 2012

Le feu étranger tue!

Attention, le feu étranger tue !

" Voici la postérité d’Aaron et de Moïse, sur la Montagne du Sinaï. Voici les noms des fils d’Aaron: Nadab, le premier-né, Abihu, Eléazar et Ithamar. Ce sont là les noms des fils d’Aaron, qui reçurent l’onction comme sacrificateurs, et qui furent consacrés pour l’exercice du sacerdoce. Nadab et Abihu moururent devant L’Eternel lorsqu’ils apportèrent devant L’Eternel du feu étranger, dans le désert du Sinaï; ils n’avaient point de fils. Eléazar et Ithamar exercèrent le sacerdoce, en présence d’Aaron, leur père…" Nombres 3:1-4:

Ce passage relate un épisode troublant de la vie du sacrificateur Aaron qui, avec ses fils, avait été mis à part pour la sacrificature. En effet, deux de ses aînés, en l’occurrence Nadab et Abihu furent frappés de mort par la main même de Celui pour qui leurs vies furent consacrées. Le plus terrifiant dans cette tragédie, c’est que ces deux fils, selon le passage ci-dessus, reçurent l’onction de la part de Moïse. Ce détail n’est pas fortuit et n’est pas anodin. Car si on considère d’une part que Aaron, de par son statut de souverain sacrificateur était déjà à une dignité spirituelle exceptionnelle ; et d’autre part que selon les lois spirituelles, c’est le supérieur qui confère l’onction à l’inférieur et que Aaron reçut l’onction de la part de Moïse, cela signifie que Moïse lui-même se situait à une dignité spirituelle beaucoup plus élevée que celle d’Aaron. Et c’est de ce Moïse que Nadab et Abihu furent oints. Autrement dit, ils reçurent le privilège, par une autorité spirituelle hors du commun d’être les dépositaires de l’autorité divine et de participer ainsi à établir son règne en officiant dans la présence de Dieu au sein du Tabernacle.

Par ailleurs, lorsque nous lisons plus en arrière, dans le livre de Lévitique les chapitres 7, 8, 9, il est saisissant de voir comment la consécration d’Aaron et de ses fils a été solennelle et sacramentelle, suivant un rituel très strict, à la rigueur quasi mathématique: ils furent lavés par Moïse lui-même; ils furent habillés de vêtements spéciaux par Moïse lui-même: tuniques, ceintures, bonnets…qui furent sanctifiés; ils firent la dédicace de leurs vies à L’Eternel en posant leurs mains sur un bélier qui fut sacrifié par Moïse lui-même; même leur nourriture le jour de la consécration provenait de la tente d’assignation. Tout ce cérémonial et tout ce rituel démontrait combien la consécration d’Aaron et de ses fils était hautement sacrée et combien le choix de leur vie était privilégié. Mais…la Parole nous dit  qu’en dépit de toute cette solennité, Nadab et Abihu moururent. De la main de L’Eternel.

Trois choses vont caractériser leur mort:

Premièrement, la rapidité avec laquelle ils vont disparaître après avoir reçu l’onction: en effet, au chapitre 7 du livre de Nombres, Moïse reçut de l’Eternel des consignes sur le mode opératoire de la consécration d’Aaron et de ses fils; au chapitre 8, il les consacra; au chapitre 9, ils commencèrent leur ministère mais le chapitre suivant s’ouvre sur l’annonce de leur mort. Pis, en plein exercice de leur ministère!!!

La Bible dit en effet, au chapitre 10 du livre de Nombres au verset 1:

" Les fils d’Aaron Nadab et Abihu, prirent chacun un brasier, y mirent du feu et posèrent du parfum dessus; ils apportèrent devant L’Eternel du feu étranger, ce qu’il ne leur avait point ordonné. Alors le feu sortit de devant L’Eternel et les consuma: ils moururent devant L’Eternel…"

Deuxièmement, une autre caractéristique de leur fin, c’est qu’ils moururent sans enfants. Nadab et Abihu moururent devant L’Eternel lorsqu’ils apportèrent devant L’Eternel du feu étranger, dans le désert du Sinaï; ils n’avaient point de fils-Autrement dit, ils moururent sans s’être étendus ou multipliés; ils sont morts "stériles", sans aucune production spirituelle et sans avoir réellement contribué à faire étendre le règne de Celui pour qui ils furent consacrés. Leur mémoire en dessous des cieux fut sans suite, sans avoir reçu ce que les juifs appellent la "baraca", la congratulation, la bénédiction de L’Eternel pour leurs œuvres. Ils sont morts sans œuvres spirituelles utiles et durables; or la Bible dit que la foi sans les œuvres est morte.

Troisièmement, Nadab et Abihu n’eurent même pas droit à un deuil de la part des leurs! En effet, aussitôt après qu’ils furent consumés par le feu, Moïse dit ceci à Aaron et à ses fils rescapés:
" Vous ne découvrirez point vos têtes et vous ne déchirerez point vos vêtements de peur que vous ne mourriez et que L’Eternel ne s’irrite contre toute l’assemblée…" Nombres 10:6

Cette terrible introduction nous donne l’occasion de nous entretenir sur la source de cette fin inattendue de Nadab et d’Abihu, en l’occurrence le feu étranger. Et Il ne serait pas accessoire de s’y intéresser puisque comme on l’a vu, il tue. Même les élus. Et pour mieux appréhender le feu étranger, il faut comprendre le feu divin.

1 Le feu divin, sa nature et ses caractéristiques

Le feu est l’une des réalités par lesquelles Dieu Lui-même est désigné. En effet, la première apparition ou manifestation divine à un être humain, en l’occurrence Moïse, s’est faite au travers du feu.
" L’Ange de L’Eternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda et voici le buisson était tout en feu et le buisson ne se consumait point" Ex 3:2 1 (1)

Mais à l’inverse du feu naturel ou physique (qui alimente le feu étranger) qui peut s’éteindre, le feu divin reste allumé éternellement et à des spécificités. On peut en dégager les caractéristiques suivantes:

- il manifeste la force redoutable et la puissance de Dieu; car le feu consume et fait disparaître tout ce avec quoi il est en contact
- il exprime la gloire de Dieu: " l’aspect de la gloire de L’Eternel était comme un feu dévorant sur le sommet de la Montagne aux yeux des enfants d’Israël..." Ex 24:17
            - il exprime la justice punitive de Dieu: c’est de devant l’autel que sortit le feu pour consumer Nadab et Abihu qui avaient auparavant reçu leur "ordre de mission" (Ex 30:9).
-il exprime la souveraineté et la toute puissance de Dieu, capable de miracles, c’est-à-dire capable de transcender les lois physiques de la nature et de les domestiquer: le buisson qui logiquement devait s’embraser au contact du feu, restait intact. Et cela nous rappelle Christ dans Matthieu 14:25 marchant sur les eaux, sans se noyer.
C’est aussi cette souveraineté qui lui donne le pouvoir de donner la vie ou de la prendre, de faire grâce à qui Il veut: il pouvait faire embraser le buisson, mais il le laissa intact.
- Il désigne l’amour ardent, ineffable et incommensurable de Dieu pour ses enfants que nous sommes, au point d’être jaloux: "Car L’Eternel notre Dieu est un feu dévorant, un Dieu jaloux" Deut 4:24
           - Enfin, Il prend sa source et établit sa demeure sur l’autel, dans le sanctuaire, il est donc saint

A contrario, "le feu étranger" s’oppose de par sa nature et ses manifestations au feu de l’autel.

2 Nature et caractéristique du feu étranger

Le mot "étranger" est parfois mis en relief avec des divinités autre que Adonaï. En effet, Deut 32:12 dit par exemple "L’Eternel seul a conduit son peuple, et il n’y avait avec Lui aucun dieu étranger", Deut 32:12. Parmi ces dieux, on peut citer Baal (Juges 6:25); Baal-Peor (No 25:3); Baal-Zebub, dieu d’Ekron (2 Rois 1:2); Bélial (2 Cor 6:15), Mammon (Luc 16:13) etc.C’est pourquoi dans le livre de Exode 30:9, il est écrit:" Vous n’offrirez sur l’autel ni parfum étranger, ni holocauste, ni offrande et vous n’y répandrez aucune libation…"

Or c’est justement en se référant à un autre feu que celui qui brûlait sur l’autel pour le service, que Nadab et Abihu moururent. Le feu étranger est donc une source, une inspiration, une puissance extérieure à la gloire de Dieu. Il prend sa source hors de l’autel, dans une source humaine. Il est étranger parce qu’il existe en dehors des limites fixées par Dieu. Il désigne aussi toute activité sacrée ou spirituelle qui est accomplie avec une motivation charnelle. Il est le symbole même de la désobéissance et de la subversion.

Manifestation du feu étranger

Il est séducteur: la séduction est l’une des spécialités du diable mais aussi une de ses armes. Il crée l’attraction pour mieux anéantir. Nadab et Abihu ont été flattés par la proximité et l’accessibilité du feu étranger. Ils ont trouvé trop fastidieux d’aller sur l’autel et d’y puiser le feu comme cela leur avait été ordonné. Et la Bible dit ceci: " car il viendra un temps où les hommes ne supporteront plus la saine doctrine; mais ayant la démangeaison des choses agréables ; ils se donneront une foule de docteurs, selon leurs propres désirs", 2 Tim 4:3
La Bible nous dit ici clairement qu' à côté de la saine doctrine, la doctrine du feu de l’autel, existeront d’autres doctrines, celles du feu étranger et qui auront la particularité d’être plaisantes. Aujourd’hui par exemple, sous le couvert fallacieux de l’Evangile, on parle déjà d’évangile de prospérité qui fait fit de la croix et dont la principale philosophie est de s’enrichir, posséder, jouir de la vie. C’est ce même principe de séduction qui fait introduire dans l’Eglise la mondanité qui est manifeste dans les modes de penser et d’agir, même vestimentaires.

Il est autonome: il n’a pas besoin de tutelle ou d’un cadre référentiel car il est tout suffisant. Il est dans la présence de Dieu mais il détermine lui-même ses propres règles de marcher avec Lui ou de Le servir. Il n’est pas dans une logique de soumission mais de choix. Il connaît la loi mais il décide de la diluer pour l’adapter à sa vision. Il est l’expression de la propre justice. Celle qui ne vient pas du sang de Christ mais de ses propres motivations.

Il est subtil: Notre adversaire, le diable, a deux faces: la face dragon où ses œuvres sont manifestes et très souvent très facilement identifiables et la face agneau, la plus pernicieuse, la plus anodine, la plus innocente mais aussi la plus dangereuse et destructrice. C’est pourquoi ce qui pouvait paraître proscrit au regard de la loi commence à devenir plaisant, toléré, justifié pour finalement prendre la carrure d’habitude et s’imposer comme loi ou principe personnel.

Conséquences du feu étranger

Sa principale caractéristique est qu’il tue. Il crée l’inertie et la mort en esprit pour déboucher sur la mort physique. Non seulement il tue mais il nous fait "éjecter" de la présence de Dieu. En effet, voici l’ordre que donna Moïse à propos des corps de Nadab et Abihu:"Moïse appela Mischael et Elitsaphan, fils d’Uziel, oncle d’Aaron et il leur dit: Approchez-vous, emportez vos frères loin du sanctuaire, hors du camp…"

C’est ce même feu qui a brûlé dans le cœur de Lucifer et qui l’a fait chasser du ciel; c’est ce même feu qui a brûlé dans le cœur d’Adam et Eve et qui les a chassés d’Eden; il a encore brûlé dans celui de Caïen et l’a excommunié du jardin glorieux de Dieu; il a encore brûlé dans le cœur d' Ananias et de  Saphira qui moururent en présence des apôtres et leurs corps furent jetés au loin….Nadab et Abihu ont été oint par une autorité exceptionnelle, ils ont expérimenté le lieu saint…mais, à cause du feu étranger, ils ont subi le " je ne vous ai jamais connu" de Christ. Paul a dit "j’ai achevé la course," mais eux en ont été disqualifiés.

Cependant, pendant que Nadab et Abihu agirent d’eux-mêmes, dans la désobéissance, la Bible dit que leurs cadets, en l’occurrence Eléazar et Ithamar " exercèrent leur sacerdoce en présence d’Aaron, leur père" (Verset de départ). Dans l’exercice de leur sacerdoce, Nadab et Abihu n’avaient point de repères, point de références qu’eux-mêmes. Or la Bible dit malheur à celui qui prend la chair  pour appui
Mais Eleazar et Ithamar avaient une référence et une autorité spirituelle qui suivait, conseillait et guidait leurs actions à travers leur père Aaron. De même, la Parole dit qu' en Dieu, nous avons un" Abba," un Père, une référence qui à travers Sa Parole nous guide et nous conseille.

La conséquence de leur soumission, de leur obéissance et de leur loyauté est qu' à l’inverse de Nadab et d’Abihu qui moururent précocement sans s’être multipliés, voici la trajectoire que nous donne la Bible d' Eléazar et d’Ithamar:
Eléazar reçut une "promotion", une avancée, une progression, une bénédiction. En effet, en Nb 3:32 il est dit ceci: " Le chef des chefs des Lévites était Eléazar, fils du sacrificateur Aaron; il avait la surveillance de ceux qui étaient chargés des soins du Tabernacle…"

Et Ithamar, qu’advint-il de lui dans le temps? Suivons ses traces plus loin en Nb 4:33:
" …telles sont les fonctions des familles des fils de Merari, toutes leurs fonctions dans la tente d’assignation, sous la direction d’Ithamar, fils du sacrificateur Aaron.."
Hervé Coulibaly
(1) Note de l'éditeur 
En hébreu “ange”=Malakh/malach signifie “messager”. ”l’Ange de l'Eternel”  représente ici  Dieu-le Fils sous la forme d’une flamme de feu.
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